La rentrée, ma p’tite dame

Cette année, je ne fais pas la rentrée: je n’ai pas de poste. Aux US, quand tu perds ton poste, on ne te reclasse pas. Tu es sans emploi, point barre.

J’en avais déjà parlé auparavant, je teste la traduction freelance et j’essaie d’écrire un bouquin, truc dont je rêve depuis dix, quinze ans… L’écriture se passe plutôt bien, j’essaie d’être assidue et j’ai des carnets partout dans la maison et dans le sac, au cas où. Le besoin de prendre des notes surgit souvent quand je suis en train de rêvasser dans la voiture sur le siège passager, par exemple (c’est le temps libre et « l’ennui » qui favorisent la créativité, je ne vous apprends rien). La traduction, c’est plus aléatoire et les missions viennent souvent en groupe. Pour le moment, je ne peux pas encore me payer de salaire, haha mais il faut que je paie mes impôts, comment on fait déjà?!

Contre toute attente, l’enseignement me manque. Qui me raconte des vannes nulles (j’adore les vannes nulles) puisque je ne passe plus mon quart de journée avec des adolescents?! Ils ne connaissent pas (trop) le déo mais ils sont fun les ados, quand même…  Tous les à-côtés, en revanche, ne me manquent pas: l’administration qui fait n’importe quoi, les collègues qui deviennent fous à l’approche de la rentrée et de la fin de l’année, les parents… Bah oui les parents, il faut quand même le dire, ce sont les entités les plus pénibles dans l’histoire de l’enseignement. Je sens que quand le citron ira à l’école, il faudra que je travaille vraiment sur moi pour ne pas être le parent que je détestais en tant que prof! Il les cumulera, en plus, mon citron: son père est prof de maths!

Le Viking a repris le chemin de son lycée plus tôt que toutes les autres écoles du coin: le 23 août! Je lui avais demandé ce qu’il voulait faire le dimanche précédent; il a choisi d’aller à une plage du coin.

(l’eau était chaude mais j’avais oublié mon slip à la maison et comme je devais retrouver une copine au resto, je ne voulais pas y aller cul nu sous mon short de rechange haha donc je ne suis pas allée plus loin) (oui je suis blanche des jambes, vous bronzez des jambes, vous?) (qu’on m’explique comment faire un selfie sur le lac)

C’est « marrant » parce que juste avant ça, j’aurais tué les voisins pour partir sur une île déserte seule avec moi-même, laissant là bébé, mari, chat, et ma cuisine qu’il faut apparemment nettoyer 5 fois par jour si on veut qu’elle reste acceptable (une cuisine blanche?! plus jamais!). Mais dès que le Viking est retourné au boulot, paf, ma routine avec le citron s’est remise en place sans y penser. C’est comme si je n’avais jamais fini mon congé maternité (alors que j’avais repris fin mars!). Nos habitudes se sont reportées automatiquement et mon sentiment d’être complètement inadéquate s’est envolé. Étrange, étrange, mais en même temps je me connais bien: l’été me rend toute chose, ça doit être le souvenir programmé de mon adolescence insouciante, à faire n’importe quoi, qui ressurgit et me dit « encore, encore, avant que tu ne sois trop vieille, t’as déjà 30 ans ma fille ». L’automne m’apporte calme et paix intérieure, même si la météo est encore estivale par ici.

Je garde, en revanche, les progrès que j’ai fait pour laisser le citron évoluer dans un monde où je ne suis pas omniprésente et arrêter de croire que personne d’autre ne peut s’occuper de lui sans l’abîmer. Et ce n’est pas pour me déplaire! Je suis persuadée que c’est parce que j’ai tant résisté à tout ceux qui essayaient de me forcer à la séparation que j’ai pu y arriver quand j’étais prête, et pas à coup de « il faut que » et autres débilités péremptoires.
— Bon parfois, on a pas le choix, faut bien retourner au travail, je n’accuse personne, je parle plutôt de la séparation pour aller faire des trucs genre ciné, resto, expo, etc. —

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cuisine pas rangée, portes d’en haut repeintes qui attendent d’être remontées sur leurs gonds, maman qui ne se coiffe plus, bref c’était l’été MAIS le citron n’est pas avare de bisous, ça compense.

Le citron a fêté ses 1 an cet été, sur le thème de Dr. Seuss (une légende des livres pour enfants, aux US) — ou plutôt, c’est nous qui avons fêté: lui s’est contenté de regarder avec interrogation sa bougie et de se faire le demi muffin qu’on lui a laissé manger (c’était un truc vegan sucré au sirop d’érable, faut pas charrier non plus, on va prétendre le plus longtemps possible que le sucre n’existe pas!). Nous étions dans le Maine.


Ça s’est fait juste entre nous avec les grand-parents paternels et puis ensuite, on l’a amené à la plage et il a mangé du sable.


On a loupé la photo avec les 12 citrons, du coup, et comme là il va sur ses 14 mois… c’est fichu! Il n’y en aura qu’onze, dommage.

Le citron a aussi découvert la piscine, cet été:
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Et le musée des sciences (il a eu un pass annuel de ses grand-parents pour son anniversaire):

Le Viking était en mode Amish tout l’été…

Il a 7 dents (le citron, pas le Viking!), il mange presque tout comme nous, il dit « mama mama » (mais c’est tout; je parlerai bientôt des spécificités langagière des bébés bilingues), il comprend plein de trucs en français (mais je ne suis pas sûre de ce qu’il comprend en anglais), et il fronce son petit nez quand il rit (comme moi). Il a les yeux bleus de son père (mais de profil, je continue de trouver qu’il ressemble à moi bébé), et il adore que je le prenne en photo. Il aime danser, il se damnerait pour manger un yaourt (et pourtant les yaourts bébé, c’est pas fameux haha). Parfois, il fait la grasse mat’, comme ce matin —> et maman peut revenir sur son blog!

 

Bonne rentrée à tous!

Mini-vacances à Portland

Comme on a un peu un grain et que notre vie était trop calme, on s’est dit que c’était une bonne idée d’emballer toute la maison et de partir deux jours à Portland, dans le Maine. C’est qu’on dormait trop bien, jusque là: il nous fallait déboussoler le citron et passer une petite nuit blanche, pour le fun quoi.

Haha. Plus sérieusement, avec cet hiver qui a duré cinq mois, le Viking et moi étions sur le point de tuer quelqu’un tant nous n’en pouvions plus de rester dedans à regarder la neige et le froid faire des ravages.

Sur un coup de tête, on a réservé une chambre dans un chouette hôtel et on est parti.
À l’aventuuuuure!

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Je ne suis pas peu fière d’avoir réussi à partir si peu chargés, car j’aime voyager léger: en général, si on va ne serait-ce qu’à une heure de route, on dirait l’équipe de rugby à 15 qui essaie de caser tout le vestiaire dans le coffre. Dur pour moi, une minimaliste.

La poussette cane, qui appartient en réalité aux grand-parents d’Oscar, aide pas mal: notre poussette de footing prend la moitié du coffre de mon bateau ma Ford Taurus.
Les vêtements du Viking et les miens sont dans le sac orange, avec les trucs d’hygiène. Le seul truc qui n’y rentrait plus, c’était ma paire de bottines grises qu’on voit à côté, mais finalement je ne l’ai pas mise du voyage. Les vêtements du citron sont dans le petit sac Décathlon que vous avez reconnu (c’est comme ça qu’on reconnait un touriste français d’ailleurs aux US: ils ont tous leur mini-sac Quechua!). Et bien sûr, nous ne sommes pas parti sans notre bien-aimé porte-bébé Ergo. Ce qu’on ne voit pas, c’est le sac à langer du citron (on l’a laissé sur le siège arrière), qui contient notamment 12 couches lavables et un plus petit sac plié, pour prendre avec nous en promenade. Plutôt pas mal, hein?

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En arrivant à Portland, il faisait beau. Nous nous sommes alors promenés près de l’eau après un déjeuner rapide, avec une petite glace… si on va à la plage, autant faire les choses bien!

Nous avons pris le temps de nous détendre un peu et de profiter du soleil en faisant une longue promenade, durant laquelle le citron a majoritairement dormi. Sur la photo, il venait de se réveiller, et le vent s’était levé.

Nous sommes allés voir les pêcheurs, qui à cette heure tardive de la journée ne pêchaient plus, mais c’était cool d’être en plein dans l’ambiance « sur les docks » avec les cages à homards et les mouettes qui cherchaient à récupérer des bouts de poisson. Le lendemain, il y a même un oiseau qui a fait tomber une carcasse juste devant moi, j’ai bien rit en me disant que j’ai failli ajouter « assommée par une mouette malhabile » à mon palmarès!

Dîner avec le citron n’est pas chose facile: clairement ça l’embête que son père et moi avons besoin de nos deux mains pour nous régaler de fruits de mer au lieu de lui lire un livre tout en lui enfournant une purée dans le bec. Nous avons donc mangé en décalé, lisant « Fox in Socks » une bonne douzaine de fois (si jamais on ne le connaissait pas déjà par coeur, héhé).

Au moment du coucher, un problème plus important s’est présenté: le lit fourni par l’hôtel était tout pourri. Il était si vieux que le matelas était d’une taille qui ne se fait plus, donc le drap était trois fois trop grand et ne tenait pas, mais en plus il était terriblement mou, or on sait tous qu’il faut faire dormir un bébé sur un matelas ferme sans rien de lâche autour. Après quelques parlotages avec le management, il s’est avéré qu’il n’y avait pas d’autre option. Nous avons alors décidé de reprendre la voiture pour sortir de la ville et de nous rendre chez notre fidèle ami Target pour nous acquérir d’un lit parapluie. Pas question qu’Oscar dorme dans un truc dangereux!  Vive les horaires américains, tout est ouvert jusqu’à 23h ou plus. Nous avons acheté un lit de voyage basique, facile à monter et à remettre dans sa boite: n’étant pas un produit que nous voulions acheter à la base car l’enfant ne peut y entrer ou sortir seul (motricité libre et pédagogie Montessori, quand tu nous tiens, tu nous tiens même en voyage!), nous savons que nous allions le ramener le lendemain. Là encore, merci les US car on peut tout rendre! Bon finalement, n’étant pas un lit connu du citron, il n’a rien voulu savoir et n’y a quasi pas dormi: il a fini sa nuit en position couchée dans la poussette, le Viking le berçant depuis son côté du lit.

EDIT: nous avons depuis acquis un lit Lotus Guava, auquel nous l’habituons à la maison… dans l’espoir de repartir en week-end de façon plus sereine avant l’adolescence du citron! 

Il faisait gris et frais le lendemain, ce qui ne nous a pas empêché de visiter un peu plus la ville.  Je suis évidemment passée par une papeterie, on ne se refait pas. Portland est une ancienne ville industrielle avec pas mal de bâtiments en brique rouge. C’est aussi un port de pêche important et la table tournante de plusieurs ferrys qui vous emmènerons dans diverses provinces canadiennes. Sans trouver que la ville tabasse sa race, c’est cependant une chouette destination pour un court week–end, surtout si vous êtes un amoureux des fruits de mer.

Avant de rentrer chez nous, nous sommes retournés au marché aux poissons: nous voulions emmener de quoi se faire moules-frites le lendemain, ainsi que d’autres poissons à mettre au congélateur.

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Ce marché à l’habitude d’avoir des clients venant de loin, ils ont de quoi emballer les marchandises dans des glacières qui tiennent la journée. C’est un lieu très authentique, situé en plein port, qui vaut la peine d’être visité même si vous ne repartez pas avec du poisson.

C’est quand le Viking remettait Oscar dans son siège auto que j’ai failli être dégainée par la fameuse mouette affamée; pfiou, j’y ai échappé belle!