Voyager en avion avec un bébé

À l’occasion de Thanksgiving, nous sommes allés rendre visite au frère du Viking et à sa famille. Ils vivent dans le Colorado, à trois quarts d’heure de Denver. Pour vous situer, voici une p’tite capture d’écran de chez Google Maps ;-) Grâce aux vents forts, nous n’avons en réalité mis « que » 4h de vol pour atteindre notre destination!

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Nous sommes partis vers 3h30 du matin — nous décollions de Hartford, CT, afin d’avoir un vol direct et d’éviter la cohue de l’aéroport de Boston (la distance est à peu près identique), c’est pour ça que vous ne voyez pas le point de départ dans le Vermont sur la carte.

C’était le premier vol du citron. Notre inquiétude n’a été égale qu’à la quiétude du voyage: le citron a été un vrai champion!

En partant de chez nous, nous l’avons sorti du lit, enroulé dans une polaire pour braver le froid jusqu’à la voiture, installé dans la voiture et hop, il a continué sa nuit ni vu ni connu. Comme il y avait un accident de camion de sapins de Noël sur l’autoroute (ça ne s’invente pas), nous sommes arrivés à l’aéroport sans une minute à perdre et nous avons embarqué les derniers des derniers… heureusement qu’on ne mettait rien en soute!

Le citron avait passé une bonne nuit complète, il était en forme pour le vol. Nous lui avons donné un petit déjeuner puis il a joué sur nos genoux et s’est promené un peu dans l’allée avec le Viking. La tablette du siège, c’est un excellent divertissement pour un enfant de 16 mois, de même que la pochette à magazines: sortir les magazines et les y remettre, c’est un jeu sans fin! Bon, il y a bien eu un moment où il a tiré les cheveux de la dame devant nous (elle n’a rien dit), tout comme au retour il a voulu prendre le chapeau du monsieur qui dormait devant moi, haha. À chaque vol, il s’est fait pote avec les gens de derrière et la dame qui était dans l’allée d’en face, surtout celle du retour parce qu’elle mangeait une salade: fascination garantie.
(ce sont des vols où on peut ramener sa nourriture — il y avait à vendre des espèces de snacks pour ceux qui, comme nous, arrivent au moment où les portes ferment) 

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la fille au hublot lisait sur sa tablette

Au retour, nous volions de nuit. Après quelques hurlements à la porte d’embarquement
— où, j’en suis certaine, tous les autres passagers nous ont maudit jusqu’à 3 générations —
nous nous sommes rendu compte que le citron avait tout simplement soif. Un petit peu d’eau et c’était reparti, tout s’est également très bien passé. Il a joué la première heure puis il s’est endormi sur moi jusqu’à l’atterrissage.

Aucun problème d’oreille à signaler: il faut dire que c’étaient des vols assez courts (+ un vol est long, + vous êtes sec des voies respiratoires, + vous risquez d’avoir mal) et que nous volions assez bas comparé à un vol transatlantique.

Mais passons aux choses sérieuses:

Qu’est-ce que j’avais mis dans le sac du citron? 

 

Bien sûr, on avait pris cet énorme sac qui était notre sac à langer quand le citron était un bébé-bébé et qu’on trimballait dix couches lavables pour une sortie de deux heures mais maintenant on ne l’emmène qu’en voyage parce que franchement? Ce sac est énoooorme. J’ai l’air d’une tortue sous-alimentée avec ce truc sur le dos! Dans la vie de tous les jours, soit on ne prend pas de sac à langer (oui, j’aime vivre dangereusement, vas-y que j’te balance la couche dans mon sac à main et on en parle plus!) soit on prend un sac beaucoup plus petit.
On voyageait avec le citron sur les genoux, donc il n’a pas droit à son propre bagage mais il a quand même droit à un sac à langer, ils ne sont pas fous non plus chez les compagnies aériennes.

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Dans la pochette de devant, j’avais mis une paire de chaussettes en rab, des lingettes désinfectantes pour la tablette, un « sac » de mouchoirs qui a carrément un bouton pression donc on peut l’accrocher au siège de devant (c’est top moumoute, merci Kleenex), des médicaments adulte et enfant (angoisse de la soudaine drisse en plein vol, amis de la poésie bonsoir).

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Dans le premier compartiment, il y a avait une couverture d’avion qui peut aussi servir d’écharpe, un change complet pour le citron, ainsi qu’un change complet pour moi. J’ai du m’en servir: on a pas eu le temps de changer la couche du citron avant d’embarquer et ensuite il fallait attendre qu’on soit suffisamment stable en l’air pour aller aux toilettes… or le citron avait la même couche depuis la veille au soir et mon slim noir y est passé. J’avais prévu un legging et une robe-sweat, je me suis auto-congratulée. On ne les voit pas sur la photo parce que j’écris cet article au retour ;-)

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Dans le grand compartiment, j’avais mis le petit sac à langer (la pochette dinosaure), qui elle-même contenait le matelas à langer, quelques couches Honest et la petite pochette renard avec un tube d’huile de tournesol* et des carrés de coton à l’intérieur. J’ai tout centralisé pour faciliter le truc.
On a emmené une dizaine de couches lavables avec nous mais pour éviter de devoir stocker les sales en plein vol, on avait pris des couches jetables pas trop dégeu.
Je précise que les deux pochettes sont étanches. C’est Planet Wise qui fait ça, on en a tout une flopée de différentes tailles, je ne pourrai jamais assez en dire du bien!

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Dans le grand compartiment, j’avais également mis une pochette pleine de jouets, dont quelques trucs nouveaux pour bien susciter l’intrigue et étendre le temps d’intérêt.
La pochette évite de tout paumer en transport ou de chercher un truc qui serait tombé au fond du sac. Ce qui a super bien marché c’est… l’amas de post-it! Ce sont ceux qui sont hyper collants (quasi tout le carré, pas juste le bord du haut) et donc on les collait sur le siège pour amuser le citron, puis le Viking s’en collait au visage, etc. J’avoue qu’on a pas dégainé la balle rebondissante en plein vol mais, en revanche, George le singe a fait quelques bonnes cascades sur la tablette amovible!

C’est aussi dans ce compartiment que j’avais mis un grand sac avec de la nourriture: des barres de figues pour nous, des barres « de céréales » pour Oscar, des gourdes de smoothies, des gourdes de porridge, une brique de lait, un « stick » de fromage, etc. Sachez que vous n’êtes pas sujet aux mêmes limites pour les liquides pour les bébés que pour les cosmétiques personnels.

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Dans le compartiment informatique, j’avais mis quelques livres et un album photo, l’élan Mortimer (il a un anneau d’accrochage, c’est pratique) et l’ourson Arsène.

Le porte-bébé, un indispensable des couloirs d’aéroport
On allait pas voyager avec une poussette — ma belle-soeur et mon beau-frère en ont une flotte incroyable — mais l’Ergo Baby nous a accompagné dans les transports. Si vous avez un peu de marche à faire pour trouver votre terminal ou votre porte, voire prendre une navette style métro comme c’était notre cas, rien de mieux que ça. Le support au niveau des hanches est top; je porte encore le citron devant (il n’aime pas être sur le dos) et je ne sens pas le poids!

Bon à savoir
* Pour les vols internes aux US, les enfants de moins de 18 ans ne sont pas tenus d’avoir un papier d’identité —  c’est une bonne idée, cependant, d’avoir leur certificat de naissance sur vous.
* Avec United (qu’on a pris pour avoir un vol direct et parce que les grand-parents nous donnaient des Miles, ce n’était pas par conviction sur leurs bonnes manières…) la personne qui a un enfant de moins de 24 mois sur son billet d’avion est automatiquement considérée comme TSA Pre-Check : tu ne te désappes pas, tu n’as pas besoin de sortir ta pochette de cosmétiques ni tes affaires électroniques, tu passes dans la file la plus rapide, tu n’as pas besoin de sortir le bébé du porte-bébé, etc. À mon avis, ça vaut le coup même quand on a pas d’enfant de faire partie de ce programme!

Et la visite?
Nous ne sommes pas restés très longtemps pour cette cousinade de Thanksgiving. Vous imaginez bien qu’avec 3 enfants de moins de 3 ans qui font des siestes à horaires différents, nous n’avons pas fait grand chose, mais je vous mets quand même quelques photos:


(je précise que les visages sont cachés pour préserver l’intimité des gens qui n’en ont rien à battre que je raconte ma vie sur un blog :-D )

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me voici donc avec mon change d’avion (+ ma veste matelassée + mon sweat à capuche = excellent combo de voyage et accès facile aux nichons si vous allaitez!)

 

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le dîner de Thanksgiving

 

Le citron sur le rocking-chair du cousin, au parc de jeu et intrigué par les boules de Noël de ma belle-soeur.

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moi qui n’en peux plus des photos, haha
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dans une rue de la ville où les cousins habitent

Si vous cherchez une poussette qui permet d’asseoir un petit et d’avoir un plus grand debout derrière ou éventuellement assis en sens contraire de la marche… continuez de chercher! Ce truc ne manoeuvre pas bien du tout.

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le citron et son cousin dans la double poussette de course (la cousine faisait la sieste à la maison)

 

À Boulder, où le citron examine une aire de jeu et des guirlandes, et où le Viking a décidé qu’il voulait installer ce hamac dans notre salon!

 

* sur les conseils de notre dermato, nous sommes passés du liniment (le nôtre était déjà à l’huile de tournesol car l’huile d’olive aggrave les problèmes de peau pour les enfants atopiques — ne jamais mettre d’huile d’olive sur un eczéma par exemple) à l’huile de tournesol seule et nous avons vu une grande amélioration de la peau du derrière! 

Deux mille seize

Dans quelques jours, 2016 s’en finira. Une année bien remplie, c’est le moins que l’on puisse dire. Ah, 2016…
L’année où je suis devenue propriétaire, l’année où je me suis mariée avec le Viking, et avant tout l’année où je suis devenue maman. L’année où trois de mes écrits ont été publiés.
Mais 2016, c’est aussi l’année où j’ai enfin pris le temps de me retourner pour y voir clair — et ça ne fait pas toujours du bien. L’année où j’ai enfin accepté mon insatisfaction professionnelle, et l’année où de nouvelles idées de projet(s) ont germé.  J’espère pouvoir vous en parler bientôt.

Nous avons passé un merveilleux Noël en famille, nous laissant bercer par notre seul désir d’être présents pour notre fils à temps complet. Oscar a été couvert d’amour. Nous avons apprécié ce Noël blanc et poudreux, l’odeur des tartes et du chocolat chaud, la lueur douce des bougies. Sans nous presser. Le premier d’une tradition familiale, je l’espère, qui n’a à coeur que de nous écouter. Car je crois que c’est ça, finalement, la magie de Noël. C’est entendre mon Viking m’appeler lorsque le café a coulé, descendre les escaliers avec mon citron dans les bras, son petit nez tout contre moi, et admirer avec lui la neige qui tombe au dehors.

J’espère que vous avez passé de jolies fêtes et je vous souhaite le meilleur pour 2017!

Existence

Mon grand-père est mort hier matin. Il s’appelait Othon, je l’appelais Pépé.
Il avait 96 ans, une épouse de 9 ans sa cadette, 5 enfants, 6 petit-enfants, et un arrière petit-enfant trois quart. Il a fait la guerre, il a été prisonnier en Russie ou en Allemagne, je ne sais plus, il y a perdu des amis, il s’en est échappé. Toute sa vie, il a gardé le portefeuille de son frère resté là-bas, dans les années 40, comme le trésor qui lui rappelait l’espoir d’être en vie et l’interdiction d’oublier ces horreurs.

Il a été coiffeur, mineur, et footballeur amateur. Il avait des ciseaux, dans un tiroir, qui étaient spéciaux et auxquels on avait pas le droit de toucher. Il a coupé la frange de ma mère de façon catastrophique quand elle était enfant, il a survécu à un grave accident de voiture, et il m’a appris qu’on ne peut pas s’endormir facilement si on a froid aux pieds. Il aimait jouer aux cartes, regarder le foot, et planter des haricots dans son jardin. Il aimait lire le journal le matin et se raser devant la fenêtre du salon.

Ce n’était pas un homme facile. Il était sourd et plutôt despotique, il aimait donner des ordres, surtout aux femmes et encore plus à la sienne, et se plaindre de la nourriture. Il refusait de porter ses appareils auditifs, le monde l’emmerdait à parler si fort. Il buvait de la bière comme on boit de l’eau et aimait les gâteaux. Il nommait les asiatiques en disant « les jaunes » et il aimait les américains, sans doute à cause du débarquement. Il n’avait pas de tact. S’il demandait quelque chose, c’était souvent une exigence, et il fallait s’y plier, au risque de se faire houspiller. Un homme de son âge et de sa génération, on lui passait presque tout. Ça avait le don de me faire enrager.

Il avait de très grandes oreilles, avec un lobe pendant que j’aimais tripoter déjà toute petite. Parce qu’il était devenu difficile d’avoir une conversation avec lui, c’est là sans doute le geste, symbolique de notre relation, qui me manquera le plus.

IMG_8786J’ai pris ce cliché flou de lui le 11 novembre 2013. Il détestait être pris en photo. Je lui avais offert ce pull, qu’il ne mettait jamais. Trop gros, trop chaud, il le grattait. Je crois me souvenir que ma grand-mère l’y avait obligé parce que j’étais en visite en France, en route vers l’Afrique.

Je ne l’ai pas vu dépérir, ces derniers mois.
Je choisis de garder le souvenir de lui fuyant mes photos, tournant la tête, se cachant le visage. Racontant, en riant, comment ma grand-mère lui avait mangé la phalange qu’il a en réalité perdu dans un accident minier.
Je choisis de penser à la fin des souffrances plutôt qu’à la perte. À sa vie plutôt qu’à sa mort. Cette existence, à présent figée dans le temps et dans nos mémoires.
Othon, 31 mars 1920 – 7 juillet 2016.

 

Le citron vert

J’allais dire, « je ne vais pas vous faire un diagramme pour vous expliquer la conception du citron vert », mais en fait, si, haha:

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Le 13 décembre dernier, j’avais deux jours de retard, des crampes assez intense, et je ne pouvais pas dormir sur le ventre tant ma poitrine me faisait mal. Le Viking m’a vue m’habiller et, avisant mes nouveaux atouts, m’a dit « han, je suis sûre que tu es enceinte, fais un test! ». J’ai un cycle super long, j’ai nié. Nous essayions depuis 20 jours, autant vous dire que quand le test a tourné au positif, le Viking, tel un tireur d’élite, s’est enflammé de fierté.

La photo avec la flèche date de la semaine 7, à peu près au moment où j’ai commencé à avoir tout un tas de symptômes plus horribles les uns que les autres. Je suis actuellement dans la deuxième partie de ma semaine 14, et voici la progression du bidon:
Screen Shot 2016-02-21 at 9.33.51 AMPour ma plus grande joie, mon ventre commence à s’arrondir par le dessus, et je pense que d’ici peu, j’aurais l’air plus enceinte qu’amoureuse de la bonne nourriture.

Qu’ai-je appris jusqu’ici? Bah, mes amis, la grossesse, c’est moche!
*De la semaine 7 à la semaine 12, j’ai eu d’horribles nausées toute la journée. Je n’ai pas vomi une seule fois, mais ça n’en a pas rendu les choses moins difficiles pour autant. Maintenant, les jours de nausée complète se font plus rares. Ça démarre systématiquement le soir, après 17h, et dure jusqu’à ce que j’aille me coucher. C’est moins fort qu’au début, quand je revenais du travail en 4ème vitesse pour pouvoir m’allonger avec ma racine de gingembre que je sniffais pendant des heures pour me calmer…

*Impossible de me laver les dents sans manquer de vomir à chaque fois. Le soir c’est pire, mais ça me fait le coup le matin également. Depuis la semaine 7, je ne peux plus du tout me brosser la langue (vive l’haleine de poney), et je dois vraiment prendre sur moi pour me passer du fil dentaire: je suis passée de tous les soirs à une fois sur quatre. Et évidemment, je me transforme en vampire quand je le fais.
Le goût du dentifrice est aussi un problème, le Viking m’a alors acheté du dentifrice pour enfant à la fraise.

*Je suis constipée comme un lapin nain sous-alimenté, et même si je commence maintenant à avoir moins de gaz, j’étais tant embarrassée au début que je voulais dormir séparément du Viking. Heureusement, dans sa grande coolitude, il s’y est mis aussi, pour couvrir bruits et odeurs :-P

*J’ai une pilosité à faire pâlir d’envie Sébastien Chabal. Certes, mes cheveux sont abondants, mais je suis yéti de partout ailleurs, et mon déo habituel est presque rendu inactif.

*Merci les hormones, je me tape la fameuse rhinite de grossesse. Les oestrogènes, en surnombre, font réagir les muqueuses de mon nez et de mes oreilles comme lors d’une réaction allergique. J’ai donc le nez bouché et sec en permanence, les yeux bouffis et qui coulent sans prévenir, et parfois une oreille bouchée (elles s’alternent). Ça me provoque aussi des maux de tête pour lesquels le seul remède est le sommeil. Sauf que, en position couchée, ce pif en pleine révolution est pire que tout! (dans la journée, c’est supportable, il suffit juste d’avoir une boite de mouchoirs à portée de main).
Ça va de pair avec des saignements de nez. En général, c’est pas trop horrible, mais il m’est arrivé une fois où, tout bêtement en mettant de la crème sur mon nez qui pelait, j’ai d’un coup eu l’air d’avoir fighté avec Rocky. Il y en avait plein le lavabo, le mur, mes dents, mon menton, bref, c’était Halloween en janvier.

*Merci encore les hormones, mais cette fois-ci la relaxine, ce truc responsable de rendre le pubis surtout, mais dans certains cas aussi les autres ligaments des femmes enceintes, plus souples (rien qu’au début de la grossesse, le bassin bascule pour déjà faire de la place). J’ai mal aux hanches, aux genoux, au dos, aux épaules, etc. et donc j’ai besoin d’un maximum de place dans le lit. Je me tourne, me retourne, fais des bonds, me colle plein d’oreillers au dessus, au dessous, sur les côtés, tant et si bien que le chat est exaspéré et que le Viking dort sur le canapé jusqu’à ce que mon boudin-coussin de grossesse arrive par la poste. La relaxine, cette hyène, est aussi la responsable des brûlures d’estomac.

*Ma vessie est passée d’une capacité normale à celle d’un dé à coudre, autrement dit 1h30 en mode normal, 4 à 5h en mode veille. Une nuit complète? Depuis 3 mois, je ne connais plus!

*Dans le même genre, j’ai déjà des insomnies. Après un réveil pour un petit pipi, je ne me rendors pas avant une heure, une heure trente. Comme je dois le plus souvent vidanger entre 4h et 5h du matin, et que je me lève à 6h pour aller travailler, très souvent je ne dors pas assez la nuit et je finis par siester  l’après-midi en rentrant, si je le peux.

*Un point 1/2 positif: j’ai des nichons de star du porno! Ça se voit d’ailleurs sur la photo de ma semaine 14, je ne porte pas de soutien-gorge… car je ne rentrais plus dans les miens. Je me suis depuis acheté des bonnets C (jamais, JAMAIS j’ai cru que ça m’arriverait dans la vie!) et je revis, je peux à nouveau marcher sans devoir me les tenir avec les mains! Ils sont encore sensibles, mais ce n’est rien comparé au début de la grossesse.

Et psychologiquement, alors? 
La grossesse non-bisounous, c’est important d’en parler. J’étais très mal au début.
Je suis passée, en fait, par différentes phases:

1. le déni 
Dur de prendre conscience qu’on est enceinte avant d’avoir des symptômes (mais croyez moi, j’ai fini par regretter les semaines où je ne me sentais pas comme sur un bateau en haute mer) et avant que ça se voit.

2. le choc 
Autant cet enfant a été voulu, autant, d’un coup, je n’en avais plus du tout envie!
Je voulais qu’on me rende ma vie d’avant, qu’on me laisse mon corps avec lequel j’étais enfin en paix, et je ne voulais surtout pas penser au futur qui allait changer du tout au tout. J’avais peur en allant dans les magasins et en voyant des vêtements de bébé, je refusais d’ouvrir les livres que j’avais pourtant achetés, je ne faisais plus aucune recherche sur le matériel de puériculture.

Cet état de malaise a duré jusqu’à la semaine 10, pour moi. Au début, je n’osais pas en parler: la grossesse est vue et dépeinte par la société comme cette période de bonheur intense, où la femme ne doit surtout pas se plaindre et, si par malheur elle ne se sent pas heureuse, on lui dit (ou lui fait sentir) que finalement, elle n’était peut-être pas prête, qu’elle aurait du attendre, que c’est déjà une mauvaise mère, qu’elle ne va pas réussir à s’occuper de son enfant une fois qu’il sera là, qu’elle va déprimer, et j’en passe. Je culpabilisais beaucoup de me sentir ainsi, et bien que je voulais faire la démarche d’en parler avec mon obstétricienne et ma sage-femme, je n’y arrivais pas.

Heureusement, j’ai pu en discuter avec le Viking et j’ai trouvé des amies et de la famille à qui parler. Ils m’ont écoutée, déjà. Ils m’ont aussi rassurée en me disant que les hormones me jouaient des tours et que j’étais bien normale. Que ça allait sûrement changer quand le citron vert allait grandir en moi, quand je le verrais lors d’une échographie, et que, surtout, ça ne voulait pas du tout dire que j’allais être incompétente après la naissance. Plusieurs amies m’ont également dit quelque chose de très important: on peut tout à fait ne pas aimer sa grossesse, et aimer très fort ensuite son enfant!

J’ai fait des recherches et j’ai découvert que la grande nostalgie est très fréquente au premier trimestre, et que ce n’est que quand cette déprime dure dans le deuxième trimestre qu’on s’inquiète et qu’il faut consulter. J’ai pu ainsi déculpabiliser et lâcher prise. Et puis, un jour, je me souviens que c’était un dimanche, je ne me suis plus sentie triste et j’ai accepté la présence du citron vert.

3. le sentiment de neutralité
De la semaine 10 à la fin de la semaine 12, début de la semaine 13, j’étais dans un état d’esprit neutre. Je n’étais plus triste et en état constant de regrets de ma vie d’avant, et ça changeait tout! L’arrêt de la déprime a aussi coïncidé avec une diminution de la force des nausées, donc je pense que le Viking avait raison et que ce mal-être était en partie lié au mal physique. J’ai commencé à être moins fatiguée, et je pouvais enfin penser au citron vert comme un être ayant déjà une existence et faisant partie de notre vie.

4. la joie 
Enfin!!! Je l’attendais avec impatience, elle qui a bien pris son temps avant de se pointer!
J’ai passé une échographie durant ma semaine 13, où j’ai enfin pu voir le citron vert. De plus, le Viking n’ayant pas pu venir (il n’a pas loupé une seule consultation jusque là), j’ai pu être seule avec mon citron, ce dont j’avais réellement besoin pour affirmer ce lien qui avait été si difficile au début. À ce stade, on voit déjà le profil à l’écho, la colonne vertébrale, et si le bébé bouge, les pieds et les mains. Le citron vert ayant de la place, il/elle danse sans cesse dans mon utérus (on me l’avait déjà dit lors d’une consultation où on cherchait juste à écouter le coeur) et bat des pieds et des mains, c’est assez impressionnant. Le fait de le voir a donné une réalité à cette grossesse, et c’est à ce moment-là que tout a vraiment commencé pour moi.

J’avoue aussi que le fait d’avoir ensuite une semaine de vacances m’a beaucoup aidée. J’ai pu prendre le temps d’être à la maison, toute la journée, seule avec mon citron, de penser à lui/elle, de l’imaginer dans mon ventre mais aussi d’imaginer son futur parmi nous, et notre nouvelle vie à trois (+ une féline poilue). J’ai accepté les changements de mon corps, le fait que je doive passer à une taille de soutif au dessus, les kilos à venir (mais je ne me pèse pas, je n’ai pas de balance pour humain), et j’ai eu envie d’acheter des vêtements de grossesse. Non seulement j’ai pu marcher sans paniquer entre les rayons bébé des magasins, mais j’en ai eu envie! Je suis carrément émue, en fait, quand je regarde des petits vêtements et doudous, et quand je vois des gens avec des bébés.
D’ailleurs, hier, nous étions à Old Navy pour que je me trouve un jean avec le fameux bandeau au ventre, et nous n’avons pas pu résister:

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Vous l’aurez compris, tout ceci a été un long processus pour moi, auquel je ne m’attendais pas, la faute à cette imagine d’Épinal de la grossesse.

Ah, et pourquoi le citron vert? Tout simplement parce que c’était la taille qu’il/elle avait la première fois que nous avons entendu son coeur battre. Maintenant il/elle a la taille d’un citron (jaune), donc on l’appelle invariablement l’un ou l’autre, mais je trouve qu’ajouter « vert », c’est plus rigolo!