Ô mon bateau, ô-ho-ô-ho

Hier et aujourd’hui, Chéri et moi avons pris le bateau de ses parents (une barque sans prétention qu’ils ont reçue en cadeau de mariage il y a 30 ans), nous l’avons mis sur le toit de la voiture, et nous sommes partis au bord du lac. Enfin, deux lacs différents. Et quand je dis « nous », je veux dire Chéri surtout car il a des bras plus forts que les miens.

Dans le New Hampshire, il y a des lacs. Plein, partout. Des petits et des grands, avec des poissons dedans, et des nénuphars dessus. Entourés de conifères et autres sapins. J’adore! Il faisait beau, on a emporté un pic-nique, nos maillots de bain, et hop nous étions partis. Mais avant ça, il a bien fallu sortir le bateau de dessous le porche flottant… et le mettre sur le toit de notre voiture. Quand Chéri a dit « tu peux m’aider avec le bateau? » j’ai dit oui, évidemment. Mais… mais! Je me suis ravisée aussitôt, me souvenant que sous le porche flottant il y a des insectes. Des araignées, probablement, et certainement en grande quantité. J’ai demandé à Chéri s’il avait un costume de cosmonaute à me prêter pour l’occasion. Apparemment nous sommes trop loin d’Halloween.

Bref, on a trouvé une technique: Chéri allait voir sous le porche flottant s’il y avait des araignées, puis il allait s’en débarrasser et me dire de venir quand ça serait fait. Mais quand même, si il y en avait une qui se cachait et qui me tombait dessus pile au moment où ma main toucherait le bateau? Alors Chéri, rassemblant ses forces, a poussé le bateau un peu pour qu’il dépasse de dessous le porche et que je puisse noter de moi-même l’absence d’insecte, tout en attrapant le bout du bateau sans devoir être en contact avec le porche. Okay, super! Merci Chéri!

Mais vous, vous savez combien ça pèse, un bateau?!
J’ai déjà participé au portage d’un bateau, mais soit celui-ci est particulièrement lourd, soit je me suis bien ramollie en Afrique (nous pencherons pour la deuxième option). J’ai cru me faire un tour de rein rien qu’en tirant le bateau par la corde de devant, pendant que Chéri faisait tout le travail poussait. Une fois la barque sortie de sous le porche flottant, devinez ce que j’ai vu? J’ai dit à Chéri « tiens, tu vois, une araignée, juste là ». Et Chéri l’a écrasée d’un coup de pied.

C’est pas tout, mais le bateau ne se soulevant pas automatiquement pour se poser sur le toit de la voiture, Chéri m’a dit « Prends ce bout, je prends l’autre, et en bas de la pelouse on le tournera ». J’étais d’accord, jusqu’à ce que j’essaye de soulever mon bout du bateau. J’ai regardé mes mains comme si elles m’avaient trahie, et j’ai dit à Chéri « Je ne crois pas que ça va être possible ». J’ai essayé une deuxième fois, puis une troisième. Rien a faire. Alors Chéri, ce Viking, a retourné le bateau seul puis l’a soulevé au dessus de sa tête, l’a mis sur ses épaules et, nonchalamment sans que même une goutte de sueur ne perle sur son visage, l’a posé sur le toit de la voiture. Mais pourquoi m’a-t-il demandé de l’aider?!

dessin de Jonathan Allen, trouvé sur http://www.goodworks.myzen.co.uk
dessin de Jonathan Allen, trouvé sur
http://www.goodworks.myzen.co.uk