Maryland and Pennsylvania Highlights

Tout naturellement, après la visite de la famille s’en est suivi un voyage pour voir des amis! Nous sommes allés à Baltimore, dans le Maryland, là où mon expatriation a commencé en 2009. Malgré la réputation que celle ville peut avoir (Homicide, The Wire…), j’y ai vécu en ville plusieurs années, dans deux quartiers différents, et je m’y réinstallerais volontiers. Je trouve un cachet fou à celle qu’on surnomme à juste titre Charm City, avec ses maisons mitoyennes historiques et cette brique rouge absolument divine (oui, je prenais le métro seule, oui je prenais le tramway seule, et non je ne me sentais pas en danger!). Nous avons emmené le citron manger du crabe à Fells Point (quelle fierté quand il en redemandait, alors que les parents de la table voisine ont commandé les nuggets pour leurs enfants), nous sommes allés au zoo de la ville voir les girafons qui viennent de naître, et puis nous avons bien-sûr passé du temps (mais toujours trop peu!) avec mon amie Pauline et son mari, qui vivent en Pennsylvanie. On essaie de se voir au moins une fois l’an depuis que j’ai déménagé, mais en 2016 ça n’était pas possible car j’étais, hum, juste un tout petit peu enceinte à craquer, haha.

Evidemment, c’est loin, surtout avec un bébé de presque un an. On a fait la route en deux fois, dans les deux sens. J’en ai chanté des chansons en boucle, passé des jouets et des livres, donné des seins sur les aires d’autoroute. Et malgré un Oscar geignant à l’arrière alors qu’on était coincé dans quelques bouchons au moment de traverser New York, le Viking et moi nous disions que ça en valait drôlement la peine. Nous ne sommes vraiment pas la famille qui ne fait rien pendant cinq ans après avoir eu un enfant. Mais j’allaite, nous avons un grand coffre, des connaissances un peu partout, et beaucoup de patience — on est évidemment parti avec nos couches lavables — ça aide!

Je vous laisse avec la maison de mes rêves…

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Mini-vacances à Portland

Comme on a un peu un grain et que notre vie était trop calme, on s’est dit que c’était une bonne idée d’emballer toute la maison et de partir deux jours à Portland, dans le Maine. C’est qu’on dormait trop bien, jusque là: il nous fallait déboussoler le citron et passer une petite nuit blanche, pour le fun quoi.

Haha. Plus sérieusement, avec cet hiver qui a duré cinq mois, le Viking et moi étions sur le point de tuer quelqu’un tant nous n’en pouvions plus de rester dedans à regarder la neige et le froid faire des ravages.

Sur un coup de tête, on a réservé une chambre dans un chouette hôtel et on est parti.
À l’aventuuuuure!

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Je ne suis pas peu fière d’avoir réussi à partir si peu chargés, car j’aime voyager léger: en général, si on va ne serait-ce qu’à une heure de route, on dirait l’équipe de rugby à 15 qui essaie de caser tout le vestiaire dans le coffre. Dur pour moi, une minimaliste.

La poussette cane, qui appartient en réalité aux grand-parents d’Oscar, aide pas mal: notre poussette de footing prend la moitié du coffre de mon bateau ma Ford Taurus.
Les vêtements du Viking et les miens sont dans le sac orange, avec les trucs d’hygiène. Le seul truc qui n’y rentrait plus, c’était ma paire de bottines grises qu’on voit à côté, mais finalement je ne l’ai pas mise du voyage. Les vêtements du citron sont dans le petit sac Décathlon que vous avez reconnu (c’est comme ça qu’on reconnait un touriste français d’ailleurs aux US: ils ont tous leur mini-sac Quechua!). Et bien sûr, nous ne sommes pas parti sans notre bien-aimé porte-bébé Ergo. Ce qu’on ne voit pas, c’est le sac à langer du citron (on l’a laissé sur le siège arrière), qui contient notamment 12 couches lavables et un plus petit sac plié, pour prendre avec nous en promenade. Plutôt pas mal, hein?

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En arrivant à Portland, il faisait beau. Nous nous sommes alors promenés près de l’eau après un déjeuner rapide, avec une petite glace… si on va à la plage, autant faire les choses bien!

Nous avons pris le temps de nous détendre un peu et de profiter du soleil en faisant une longue promenade, durant laquelle le citron a majoritairement dormi. Sur la photo, il venait de se réveiller, et le vent s’était levé.

Nous sommes allés voir les pêcheurs, qui à cette heure tardive de la journée ne pêchaient plus, mais c’était cool d’être en plein dans l’ambiance « sur les docks » avec les cages à homards et les mouettes qui cherchaient à récupérer des bouts de poisson. Le lendemain, il y a même un oiseau qui a fait tomber une carcasse juste devant moi, j’ai bien rit en me disant que j’ai failli ajouter « assommée par une mouette malhabile » à mon palmarès!

Dîner avec le citron n’est pas chose facile: clairement ça l’embête que son père et moi avons besoin de nos deux mains pour nous régaler de fruits de mer au lieu de lui lire un livre tout en lui enfournant une purée dans le bec. Nous avons donc mangé en décalé, lisant « Fox in Socks » une bonne douzaine de fois (si jamais on ne le connaissait pas déjà par coeur, héhé).

Au moment du coucher, un problème plus important s’est présenté: le lit fourni par l’hôtel était tout pourri. Il était si vieux que le matelas était d’une taille qui ne se fait plus, donc le drap était trois fois trop grand et ne tenait pas, mais en plus il était terriblement mou, or on sait tous qu’il faut faire dormir un bébé sur un matelas ferme sans rien de lâche autour. Après quelques parlotages avec le management, il s’est avéré qu’il n’y avait pas d’autre option. Nous avons alors décidé de reprendre la voiture pour sortir de la ville et de nous rendre chez notre fidèle ami Target pour nous acquérir d’un lit parapluie. Pas question qu’Oscar dorme dans un truc dangereux!  Vive les horaires américains, tout est ouvert jusqu’à 23h ou plus. Nous avons acheté un lit de voyage basique, facile à monter et à remettre dans sa boite: n’étant pas un produit que nous voulions acheter à la base car l’enfant ne peut y entrer ou sortir seul (motricité libre et pédagogie Montessori, quand tu nous tiens, tu nous tiens même en voyage!), nous savons que nous allions le ramener le lendemain. Là encore, merci les US car on peut tout rendre! Bon finalement, n’étant pas un lit connu du citron, il n’a rien voulu savoir et n’y a quasi pas dormi: il a fini sa nuit en position couchée dans la poussette, le Viking le berçant depuis son côté du lit.

EDIT: nous avons depuis acquis un lit Lotus Guava, auquel nous l’habituons à la maison… dans l’espoir de repartir en week-end de façon plus sereine avant l’adolescence du citron! 

Il faisait gris et frais le lendemain, ce qui ne nous a pas empêché de visiter un peu plus la ville.  Je suis évidemment passée par une papeterie, on ne se refait pas. Portland est une ancienne ville industrielle avec pas mal de bâtiments en brique rouge. C’est aussi un port de pêche important et la table tournante de plusieurs ferrys qui vous emmènerons dans diverses provinces canadiennes. Sans trouver que la ville tabasse sa race, c’est cependant une chouette destination pour un court week–end, surtout si vous êtes un amoureux des fruits de mer.

Avant de rentrer chez nous, nous sommes retournés au marché aux poissons: nous voulions emmener de quoi se faire moules-frites le lendemain, ainsi que d’autres poissons à mettre au congélateur.

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Ce marché à l’habitude d’avoir des clients venant de loin, ils ont de quoi emballer les marchandises dans des glacières qui tiennent la journée. C’est un lieu très authentique, situé en plein port, qui vaut la peine d’être visité même si vous ne repartez pas avec du poisson.

C’est quand le Viking remettait Oscar dans son siège auto que j’ai failli être dégainée par la fameuse mouette affamée; pfiou, j’y ai échappé belle!

Montréal

Il y a un an, à cette date exactement, le Viking et moi avions eu l’idée folle de visiter Montréal par moins 25°C. Une vague de froid s’était abattue sur tout le nord de l’Amérique, donc nous n’allions pas réellement vers plus froid que chez nous… mais il faut avouer que c’est un poil saugrenu de se dire « tiens, c’est l’ère glacière, si j’allais passer la semaine à marcher dans des rues gelées au Québec? ». Ma foi, on ne choisit pas ses vacances, donc hop, nous voilà embarqués pour Montréal.

J’adore le Québec. L’architecture, les gens, la poutine, l’accent, tout!
Reflexion faite, je n’adore pas la longue autoroute qui nous y conduisait, sur laquelle il n’y avait pas un toilette 50 bornes à la ronde et où j’ai du faire pipi dans la neige en râlant comme un rat musqué, cachée entre deux portes de voiture, presque déracinée par le vent glacial. Mais passons! Cette année, le Viking et moi n’avons pas de vacances qui coïncident, donc nous ne faisons rien. Et Montréal me manque…

Sans doute que j’aurais fait beaucoup plus de photos en extérieur s’il n’avait pas autant caillé, mais voici quelques souvenirs.

Nous avons passé pas mal de temps dans la ville souterraine (merci au cerveau absolument brillant qui a eu cette idée!), c’est comme un énorme centre commercial donc là je n’ai pas trop flashouillé.

Nous sommes allés dans plusieurs musées, et dans des églises. J’ai pris les photos suivantes au musée d’Histoire des Premières Nations.

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Nous avons aussi visité le fantastique Biodôme. J’aurais pu m’installer définitivement dans l’érablière tellement ça y sentait bon l’automne nord-américaine! Il y a beaucoup à voir, mais comme c’est super difficile de prendre en photo les animaux qui bougent sans cesse, j’ai surtout des photos… floues.

Et Montréal, c’est aussi le Café des Chats, les patinoires en plein air, et les grosses vestes à moumoutes! En tout et pour tout, nous y avons passé 6 jours formidables et j’ai mangé de la poutine au moins 3 soirs :D

Je dirais qu’en hiver, c’est suffisant pour voir la ville en gros, mais j’y retournerais avec plaisir un printemps ou un été pour explorer un peu plus en profondeur cette belle cité.

 

Silence

Mon pays est en guerre, et je n’ai plus de mots.
Je suis dépossédée, vidée, illégitime, inutile, inutilisable.
Condamnée à ce monde de terreur, d’horreur, d’inhumanité.
Screen Shot 2015-11-14 at 5.17.34 PMJ’ai peur, pour les miens et pour tous les autres.
J’ai mal de savoir tous ces corps, ces morts, allongés dans la plus belle ville du monde.
Jamais je n’aurais cru, jamais, que ma nation se trouverait au centre de telle tuerie. France, la belle? Nous sommes bien trop stables, là, tout petits au milieu du globe! Qui voudrait nous annihiler?
J’hésite. Entre regretter d’être si loin et me rassurer d’être en vie. De n’avoir perdu personne cette nuit.
Et je m’interroge. Quelle est ma place, le sens de cette vie? J’enseigne, j’éduque, pour que ça n’arrive plus. Mais ça ne suffit pas.
Hurler, mais rien ne sort. Aucun son n’est assez puissant pour être l’hôte de ce que je ressens.
Seul ce silence, froid, glacial, noir, profond, aveugle, impénétrable, est acceptable.
Mon pays est en guerre, et je n’ai que le silence pour lui répondre.