Tchou tchou… prenez le train!

Non seulement c’est écolo mais en plus vous pouvez lire pendant le trajet plutôt que de pester sur le gars de derrière qui fait une queue de poisson! Bon, okay, mais en fait ce n’est pas de ce train-là que je veux parler ;-)

Le train Petite Enfance Parentalité est une initiative de l’association Ensemble pour l’Education de la Petite Enfance. Il s’agit d’un véritable train qui s’arrêtera en gare de 14 villes françaises pour présenter multiples conférences, débats et animations sur le sujet de la petite enfance.

Les sujets de conférences diffèrent selon les villes et il faut s’inscrire à l’avance — mais c’est COMPLÈTEMENT GRATUIT. On y aborde notamment la parentalité positive (ou douce) sous plusieurs aspects: pourquoi c’est plus efficace pour la construction du cerveau de l’enfant qu’une éducation « traditionnelle » (je n’aime pas ce mot, qui connote les traditions alors qu’avoir des traditions et des rituels est très important dans la construction d’une famille — je préfère parler de « pédagogie noire » comme le disait Alice Miller), comment faire pour laisser les VEO derrière nous, comment gérer au mieux les émotions de nos enfants, etc. Mais d’autres thèmes seront présentés, tels que les enfants « accros » au numérique, la santé bucco-dentaire, comment jouer avec son enfant, les enfants acteurs de la protection de l’environnement…
Le programme complet de chaque ville est disponible ici.

Pourquoi c’est intéressant?
* Parce qu’il y a aujourd’hui beaucoup de nouvelles découvertes concernant le fonctionnement du cerveau de l’enfant, et que ça peut être difficile de tout emmagasiner à moins de s’abreuver de livres de neuro-sciences.
* Parce qu’il y a de plus en plus de parents qui souhaitent renoncer aux violences éducatives ordinaires, mais qui n’ont aucune idée de comment faire sans la fessé, les punitions, la culpabilisation, les petites phrases assassines, la comparaison avec les frères et soeurs pour « motiver », et j’en passe. Pour beaucoup, ce type de conférence sera bien plus « mangeable » et concret que de lire des ouvrages de référence (pour lesquels ils n’ont souvent pas le temps, entre boulot, maison, et dodo).
* Parce que s’informer et s’éduquer, c’est le premier pas vers un changement positif. Si on garde les yeux fermés, si l’on a pas tous les éléments en main, comment arriver à une déduction logique et instruite?
* Parce que les enfants sont l’avenir, et qu’en tant que parents nous leur devons d’être à jour quant aux meilleures pratiques possibles.

Ce qui est génial, c’est que certaines conférences sur la parentalité positive et la communication non-violente sont déjà complètes! Hé oui, ça veut dire que l’intérêt est élevé, et qu’on avance un peu!

Le train reviendra à Paris le 20 novembre pour la journée internationale des Droits de l’Enfant, journée durant laquelle les thèmes seront essentiellement axés sur une enfance sans violences. Bravo à l’association qui a pris cette initiative, merci aux professionnels qui la soutiennent en intervenant au sein des conférences. Je regrette d’être à un océan de distance et de ne pouvoir m’y rendre… mais on est jamais trop loin pour souligner ce type d’action absolument fantastique!

Retrouvez ici le petit encart qui a été fait à ce sujet dans la Maison des Maternelles. 

Violences familiales: quelques ressources

Tout d’abord, je tiens à remercier tous ceux qui sont passés par ici, qui m’ont lue, qui m’ont laissé des commentaires bienveillants, des petits mots, et aussi tous ceux avec qui j’en ai discuté en dehors. Parler (et écrire) m’aide énormément! Le fait de savoir que cette phase de ma vie, cette souffrance, sont reconnues, ça me permet d’aller de l’avant. Le fait de savoir aussi qu’on peut sortir de cet engrenage, qu’on est pas coincé dans cette boîte et destiné à reproduire son propre passé, ça me fait un bien fou! Et ça, c’est grâce à vous <3

Vous pouvez retrouver mes précédents articles sur les violences familiales ici:
Méchante
Quand plus rien d’autre n’est possible
Ping-pong émotionnel
Comprendre, pardonner, avancer

Certains sont protégés par un mot de passe (le même pour tous; le temps que les choses se calment du côté de ma famille, je préfère éviter d’être à nouveau insultée et accusée d’insanité) mais je pense pouvoir bientôt les réouvrir au public. Je ne les ai pas cachés par peur ou honte, je pense au contraire qu’il est crucial d’en parler pour sortir du rôle de victime. J’ai tant cherché des témoignages similaires à mon expérience que je me dis que si je peux aider quelqu’un qui a vécu la même chose, j’aurais déjà fait beaucoup!

Voici quelques ressources qui m’ont beaucoup aidée ces derniers mois:

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un parent toxique?
Il ne faut pas confondre parent toxique avec parent qui fait des erreurs, car chaque parent est humain et peut se tromper.

Voici une définition de R. Perronnet, psychothérapeute:

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Plus d’info ici.

Pourquoi et comment un parent toxique ne voit pas qu’il maltraite son enfant?

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Plus d’info ici et ici.

Comment savoir?
Moi qui ai énormément lu, parlé, analysé, j’ai parfois l’impression d’être une sorte d’experte quant à la reconnaissance de relations toxiques. Bien sûr, il n’en est rien: je ne suis « experte » que de mon propre cas!
Mais il se peut que lors d’une conversation récente avec moi, je vous ai dit un truc du genre « ah, ça c’est classique d’une relation toxique » ou « ta mère/ton père/ton chien est toxique » :-D parce que j’ai tendance à voir un peu tout sous l’angle de la toxicité… Je m’en excuse. Si ça se trouve, vous vivez tout à fait bien votre relation avec cette personne dont je qualifie le comportement d’inacceptable.
Comment savoir alors si l’on est victime d’un parent toxique? Susan Forward, thérapeute, a mis au point un test pratique:

Quand vous étiez enfant
* est-ce que vos parents disaient que vous étiez nul ou que vous ne valiez rien? 
* est-ce que vos parents utilisaient des châtiments corporels pour vous discipliner? 
* deviez-vous vous occuper de vos parents parce qu’ils avaient des problèmes?
* aviez-vous souvent peur de vos parents? 
* est-ce que vos parents vous demandaient de garder des secrets? 

Maintenant que vous êtes adulte
* est-ce que vos parents vous traitent encore comme un enfant? 
* avez-vous des réactions physiques et émotionnelles intenses après avoir été en contact avec vos parents?
* est-ce que vous parents essaient de vous contrôler en utilisant des menaces et en vous faisant vous sentir coupable? 
* est-ce que vos parents essaient de vous manipuler avec de l’argent? 
* est-ce que vous avez l’impression que, quoi que vous fassiez, ce n’est jamais assez bien aux yeux de vos parents?

Comment se sortir de cette situation?
La démarche est assez personnelle. Tout le monde n’a pas besoin de couper le contact; il y a des gens qui préfèrent confronter les intéressés et ouvrir ainsi un dialogue s’ils sont réceptifs.
Certaines personnes vont voir un professionnel, d’autres vont chercher des témoignages et lire beaucoup, que ce soit des livres d’aide ou des livres sur l’éducation. D’autres encore auront besoin de faire un mix de tout cela. Pour ma part, lire, écrire, discuter, savoir qu’il y a quelque part un professionnel qui me convient pour m’aider, ça marche.

Quelques articles que je trouve intéressants et qui apportent de la lumière sur les violences familiales :
Blessure
Manifeste contre la violence éducative
Il n’y a pas de bonne fessée
Enfant menteur, parent qui fait peur
Oser en parler

Comment parvenir à guérir de son enfance?
Respecter ses parents, une obligation?
Relation mère-fille

Le livre qui m’aide le plus est non pas un livre sur la guérison ou sur les parents toxiques; il s’agit de « Au coeur des émotions de l’enfant« , d’Isabelle Filliozat. Je dois parfois faire une pause tant il me ramène à ma propre enfance et fait remonter des choses peu agréables: je viens de le reprendre en main alors que je l’avais mis de côté une dizaine de jours, c’était trop difficile.
Je conseille ce livre même si vous n’avez pas eu de parents toxiques et si vous pensez être majoritairement bienveillant avec vos enfants: c’est tout simplement une mine d’or.

Et surtout, je dirais qu’il ne faut pas baisser les bras.
Je me revois il y a exactement dix ans, pleurant dans le cabinet de mon médecin de famille, tentant de mettre des mots sur certaines choses. Je crois que mes larmes l’ont mise très mal à l’aise. Face à son mépris, je ne suis pas allée plus loin, je me suis tue.  Je n’avais presque rien dit qu’elle était déjà condescendante. Elle n’avait pas l’envie de m’écouter. Elle m’a quasiment jeté une ordonnance pour un psy à la figure. Je m’en souviens, elle y avait écrit « problèmes relationnels avec sa mère ». Ce n’était que la pointe de l’iceberg!

J’ai changé de médecin, je ne pouvais plus lui faire confiance. J’ai gardé l’ordonnance comme marque-page, pour ne pas oublier, mais je n’ai jamais pris rendez-vous. Si mon médecin de famille ne m’écoutait pas, comment pouvais-je démarrer une relation avec un psy que je ne connaissais pas? J’avais tant peur du rejet.
J’ai mis 5 ans avant de voir un thérapeute. C’est long, mais on ne s’aperçoit pas du temps qui passe quand on vit dans le déni. N’abandonnez pas, il y a quelqu’un, quelque part, qui vous écoute.

 

Comprendre, pardonner, avancer

Trois verbes qui résonnent en moi.
Je les ai mis plus ou moins dans l’ordre: comprendre, d’abord. Tout comportement humain peut être expliqué, ce qui ne signifie pas qu’il est excusable.
Pardonner et avancer sont interchangeables; certains doivent pardonner pour avancer, d’autres doivent avancer pour pardonner. D’autres encore feront un peu des deux en même temps, je crois que c’est mon cas. Chaque jour, j’avance, et je me rapproche un peu de ce pardon que je cherche à atteindre. Mais chaque jour, je me demande aussi si ces violences sont pardonnables. Peut-être pas toutes? C’est en avançant que je vais le découvrir.

Ce pardon, j’ai parfois l’impression que je me le suis mis en objectif. J’essaie de sortir de ce schéma. C’est le chemin qui est important, ce que j’y apprends sur moi-même, ce que je construis, ce que je me donne et ce que je donne aux autres. C’est facile de se laisser alpaguer par la promesse d’un pardon qui déboucherait sur une relation neutre avec mes parents. Au fond, l’objectif de ce pardon est mon bien-être et non pas la quête de leur amour.

Je ne compte plus les gens qui m’ont dit « mais siiii, tes parents t’ont aimée et t’aiment encore ». Je ne sais pas si c’est dans le but de me rassurer. Si c’est le cas, c’est encore pire parce que ça signifie que l’amour permet la douleur et la souffrance. Peut-être même que ça les justifie. Combien de fois avons-nous entendu « c’est pour son bien » d’un parent qui contrôle, qui baffe, qui met une fessée, qui rabaisse son enfant « pour qu’il comprenne ».
Croire en cet amour, ce n’est pas ce dont j’ai besoin pour avancer, au contraire. J’ai besoin d’accepter que mes parents ne m’ont pas aimée (à la rigueur, pour les utra-positifs ou les gens qui pensent qu’on aime forcément ses enfants juste parce qu’ils sont génétiquement proches de nous-mêmes, qu’ils m’ont mal aimée) et j’ai besoin de voir que grâce au chemin que je fais, à la compréhension que j’acquiers et au pardon auquel je parviens, je peux me construire sans cet amour. Grâce à… l’amour et le respect de moi-même.

Le pardon que je cherche à atteindre est uniquement pour moi.
C’est mon amie F. qui m’en a beaucoup parlé et qui m’a permis de comprendre le vrai sens de ce pardon. Je la citerai donc ici : pardonner signifie ne plus tenir rigueur. Une personne qui pardonne, c’est une personne qui ne cherche plus à se venger, c’est une personne qui est libre de son passé. Pardonner ne signifie pas tomber dans les bras de celui qui nous a fait du mal, mais signifie qu’on peut vivre avec l’idée de ce qu’il nous a fait sans vouloir le lui faire payer. Si je parviens au pardon, c’est que je suis capable de dire « je te pardonne maman, je te pardonne papa, de ne pas avoir pu remplir tes devoirs de parents, de ne pas avoir su respecter mes droits en tant qu’enfant, et je te rends ta liberté ».

Le pardon qui débouche sur une réouverture de la relation n’est possible que si les agresseurs acceptent de se repentir.
Mon amie F m’a donné un bon exemple, certes « simpliste » mais très parlant:
X a été frappée pendant dix ans à coups de bâton par Y.
X se rend compte que cette situation n’est pas normale. X écrit donc à Y pour lui en parler (plus facile que de le lui dire en face, afin de ne pas risquer de nouveaux coups de bâton). 
X lui dit, « Ces dix années à recevoir des coups de bâton, ce n’est pas normal, ce n’est pas mérité, ça ne peut plus durer. De mon côté, je suis prête à te pardonner dès que tu auras compris que c’est mal et que tu ne recommenceras plus jamais ». 
Y lit la lettre et répond « Je ne vois pas de quoi tu parles. Les coups de bâton, c’est normal, ça doit se passer comme ça. Après tout, moi aussi j’en ai reçu pendant des années de Z, je n’en suis pas morte. »  (—> nous avons ici un élément qui permet l’explication, la compréhension)
Si X retourne voir Y ainsi, elle va donc se reprendre des coups de bâtons. Il faut que Y ait l’intention de changer pour que ce pardon puisse déboucher sur quelque chose. 

Je cherche encore à comprendre les raisons de ce mal.
C’est plus complexe car si ma mère parlait de son enfance et de celle de mon père, sans entrer dans les détails, elle n’a jamais vraiment émis une opinion sur le « bien » et le « mal » des faits. Elle me disait, par exemple, que le frère ainé de mon père bégaie car mon grand-père le frappait beaucoup. Elle me disait aussi que petite, sa mère les frappait en disant que l’ordre venait de leur père, et ce avec une ceinture. Le reste est donc laissé à mon interprétation, y compris ce que j’ai vu de ma mère en grandissant.

Être frappé avec une ceinture: non seulement il y a la violence elle-même, mais toute la montée en puissance, la préparation de l’acte. Le parent n’arrive pas sur son enfant par surprise en utilisant la ceinture comme le lasso de zorro. Le parent prévient l’enfant, le fait se mettre dans une position qui place la zone à frapper de façon proéminente (les fesses, je suppose) : non seulement l’enfant est violenté mais il est sujet à cette torture de savoir qu’il se soumet à l’exigence de son parent de se faire frapper, le stress de savoir qu’il va se faire frapper monte en lui. Je comprends donc que ma mère, qui a été torturée et violentée ainsi, a alors accumulé de la colère, de la rage envers ses propres parents. Elle n’a pas su se séparer de ces émotions autrement qu’en faisant payer cette horrible douleur à ses enfants. Bien sûr, ça ne l’excuse en rien: elle est adulte, elle est responsable de ses actes, elle a la capacité de réfléchir et de choisir de faire autrement. Quand bien même elle aurait « dérapé » une fois, fruit de son inconscient d’enfant frappée, quid de toutes les autres fois? Comment pouvait-elle nous dire ensuite que nous avions « de la chance » qu’elle ne nous frappe qu’avec la main et la cuillère en bois, et non pas la ceinture?

Il y a quelque chose dans l’enfance de ma mère qui lui a donné une peur affreuse d’être non-aimée et abandonnée. La façon dont elle traite ma grand-mère, par exemple, en est une indication: elle se plie en quatre pour lui plaire, mais se plaint aux autres qu’elle se fait manipuler par cette mère qui menace de se laisser mourir si on la laisse seule. Elle lui parle de façon très agressive, parce qu’il y a sans doute en elle ce sentiment de haine qu’elle s’est toujours refusé d’exprimer directement. Elle est tant en colère envers celle qui l’a visiblement mal aimée et dont elle continue de chercher l’amour.
Sa relation avec mon père en est aussi le témoin, ainsi que ses multiples accusations envers nous, « sa famille qui s’en fiche d’elle ».
Ma mère se réfugie fréquemment dans la nourriture. Elle mange de grosses quantités, vite, et a d’ailleurs toujours dit que quand elle va mal, elle mange (comme beaucoup d’autres). Elle cherche donc à remplir un vide, crée je pense par sa propre enfance.
Voilà des années que nous la regardions manger des pâtes en quatrième vitesse, de façon goulue, et se plaquer les mains au niveau du sternum en disant « j’arrive plus à respirer! ». Si mon père ou moi lui disions « peut-être que tu devrais essayer de manger moins vite », elle répliquait avec une colère démesurée que de toute façon, tout le monde s’en fiche d’elle dans cette famille et que si elle mourrait, ça ne nous ferait ni chaud ni froid. Il est intéressant de reveler que jamais un tel événement ne s’est produit à l’extérieur de la maison.
J’ai le souvenir d’un soir où nous visionnons un film en famille. Ma mère avait un seau de pop-corn sur les genoux et grignotait. Le pop-corn, par sa nature, peut facilement irriter la gorge. Ma mère, qui s’est retrouvé avec un bout l’irritant, a paniqué, persuadée qu’elle était en train de s’étouffer. Je comprends la peur de s’étouffer: je me suis un jour coincé un bonbon style Ricola au fond de la gorge et je suis allée le chercher moi-même avec mes doigts car l’air ne passait plus, je ne pouvais pas parler pour demander de l’aide.
Ma mère hurlait et toussait, mais c’est ce qui s’en est suivi qui laisse pantois: elle s’insurgeait contre mon père n’était pas venu immédiatement à son secours et l’accusait de ne pas se soucier de sa mort imminente. « Personne ne s’occupe de moi dans cette baraque, on peut mourir et tout le monde s’en fout ». Elle est alors partie en trombe pour cracher et se racler bruyamment la gorge dans la cuisine, au dessus de l’évier. Quand je suis allée voir s’il elle allait bien (par culpabilité?), je me suis faite incendier « fous moi la paix, si je meurs vous allez être seuls avec votre père, il sait rien faire, ça sera bien fait pour vous ». Ce jour-là, seul mon frère a obtenu grâce à ses yeux.

Mon père s’est presque pris une patate ce soir-là quand il est allé à son tour voir si elle allait bien, tandis qu’elle répétait en hurlant « on peut mourir dans cette baraque, personne ne s’en inquiète ». Je trouve que mon père avait la plupart du temps la bonne solution, du moins au début de « la crise »: il n’entrait pas dans son jeu, mais se laissait suffisamment culpabiliser, pour lui prouver qu’il l’aimait, ce qui remplaçait une excuse pour quelque faute qu’il n’avait pas commis. Non, elle ne voulait pas qu’il lui fasse un Heimlich pour un bout de pop-corn irritant, elle voulait qu’il lui dise qu’elle comptait pour lui.
Je crois que mes parents avaient d’immenses problèmes de couple, ils n’en parlaient pas. Ma mère lui faisait payer des choses dont elle l’estimait coupable, sans le lui énoncer, et mon père ne comprenait pas ce qu’il devait faire pour se racheter. Sa solution? La fuite. Le boulot, la fête avec les copains, la boisson.

Ce genre de menaces de nous laisser « seul avec notre père » était assez fréquentes: ma mère, énervée, disait souvent qu’elle allait « foutre le camp toute seule, je ne vous veux pas, vous n’avez qu’à rester avec votre père ».
Était-ce l’expression de l’abandon que ma mère a vécu? Ma grand-mère, renversée par une voiture, a été hospitalisée plusieurs mois alors que ma mère était toute petite. Elle, elle a réchappé de cet accident avec seulement un bras cassé. Elle a alors été « placée » chez son oncle et sa tante, qui la frappaient elle et son petit frère, jusqu’à ce que ma grand-mère revienne à la maison. Ma mère m’a raconté qu’ils se prenaient des coups pour tout, notamment une mauvaise position assise à table et des coudes qui touchent la nappe.  Elle nous disait d’ailleurs de nous « estimer heureux » mon frère et moi puisqu’elle nous autorisait à poser les bras sur la table.
Était-ce l’expression du mal-être d’avoir appris que ma grand-mère avait eu l’intention de les tuer? C’est une histoire choquante. Mon grand-père et deux de mes oncles se sont retrouvés dans un accident de voiture grave. Ils étaient hospitalisés longtemps, l’un était dans le coma. Ma grand-mère a dit qu’en cas de mort (mais je ne sais pas si elle voulait dire la mort de son mari ou la mort des trois), elle avait comme projet de mettre de la mort aux rats dans la nourriture, afin de tuer ma mère, le petit frère, et elle-même. Elle l’a tellement raconté que c’est impossible de ne pas s’en voir marquée. Ma mère a vécu toute sa vie en sachant qu’elle a échappé à un meurtre.

Si on remonte encore plus loin, c’est l’histoire de ma grand-mère maternelle qu’il faut explorer. Un passé lourd, secret, caché, déguisé. Une mère qui est morte sous les coups de fusil du père, dans de douteuses circonstances, alors que ma grand-mère n’avait que deux ans. Il tirait les pigeons, elle faisait ses besoins aux toilettes qui se trouvaient à l’extérieur, par « erreur » il lui a tiré dans le ventre.
Était-ce vraiment un accident? Comment a-t-il pu confondre le pigeon et les toilettes? Est-il allé en prison? Ma grand-mère affirme que non, qu’elle n’est pas morte sur le coup, qu’elle a juré à la police que ce n’était pas de sa faute… mais ma grand-mère n’a pas vu son père plusieurs années après cela. Où était-il, si ce n’est incarcéré?
Ma grand-mère venait d’avoir une soeur, trois mois auparavant. Est-il possible que sa mère se soit suicidée à cause d’une dépression post-partum? Que tout ça a été maquillé en accident, parce qu’ils étaient catholiques et qu’ils voulaient lui donner une sépulture?
Un secret de famille, qui a des conséquences sur trois générations.

Je sais que je n’aurais jamais toutes les réponses. Je sais que certaines choses sont enterrées avec mes ancêtres; on ne découvrira sans doute jamais la réelle cause de la mort de mon arrière grand-mère. Cela ne doit pas empêcher de casser le cercle vicieux des secrets de famille. Je ne tairai pas les violences qui m’ont été faites à Oscar. Je lui expliquerai, le moment venu, avec des mots adaptés à son âge, pourquoi la relation que j’ai avec mes parents est comme elle est.

J’essaie d’explorer une piste à la fois. Je sais peu de choses sur l’enfance de mon père, et nous étions très peu en contact avec sa famille. Ma mère exigeait que le côté maternel prime; j’ai peut-être déjeuné dix fois chez mes grand-parents paternels dans toute ma vie!
Pourquoi ma mère restait-elle tant accrochée à cette famille largement toxique? Pourquoi disait-elle qu’elle n’avait pas d’amies filles, qu’elle est « très famille »? Pourquoi surtout pense-t-elle que c’est incompatible?
Pourquoi est-elle visiblement heureuse quand mon frère dit que son plus grand souhait c’est « de vivre dans une maison avec les parents et mémé, tous ensemble » et qu’elle est encore plus satisfaite quand il m’insulte, me traite d’ingrate, d’égoïste, d’incapable d’aimer quand je signifie que non, pour moi, ce n’est pas du tout quelque chose d’envisageable?
Tellement de questions, peu de réponses, mais déjà sur le chemin.

 

Ping-pong émotionnel

Si l’on peut penser qu’après des années de violences, il est facile de rompre avec sa famille, il n’en est rien. Je crois que ce choix de sortir mes parents de ma vie a été la chose la plus difficile à faire jusqu’ici.

D’abord, la pression sociale est lourde: la grosse majorité des gens ne comprennent pas qu’on puisse se séparer de ses parents, même si des choses horribles se sont produites. Ils aiment utiliser les phrases « mais ce sont quand même tes parents! », « ça sera toujours ta mère », « on a qu’une seule mère, tu sais » ou encore « imagine s’ils mourraient, tu t’en voudrais ». Oui, s’ils mourraient là sur le champ, je m’en voudrais de ne pas avoir eu le temps de parvenir à un pardon qui me permet d’avoir à nouveau une relation avec eux, une relation neutre. Mais je ne culpabiliserais pas: je sais qu’on ne peut pas tuer les gens par la pensée, en faisant ce qu’il y a de mieux pour soi. Si on vous dit le contraire, vous êtes en train de vous faire manipuler par une personne toxique…

Ensuite, il y a ce désir constant d’être « normal ». J’entends par là avoir une famille où le mode de fonctionnement ne se résume pas à se planter des couteaux dans le dos, se dénigrer constamment, vouloir contrôler les autres et surtout où on ne se frappe pas.
Ce désir, ce manque m’est constamment rappelé par les gens que je vois autour de moi et les médias. À la télé par exemple, on voit beaucoup de familles aimantes et bienveillantes. Quand bien même il y a un problème dans une série ou un film, en moins de deux heures le conflit est réglé, les gens s’excusent et se pardonnent, puis se tombent dans les bras. Dans la vraie vie, c’est plus compliqué que ça… Et beaucoup plus long!

Il y a deux jours, par exemple, je triais des photos et je suis tombée sur un cliché du citron à Noël dans les bras de son grand-père paternel. La douleur que j’ai ressentie alors en me disant « il n’est pas porté par MON père » est indicible.
Ce besoin de filiation, de succession, je crois qu’il est quasi viscéral. C’est biologique, nous sommes humains et avons envie de cette continuité et de ces liens. La décision de la rupture est difficile, c’est un choix avec lequel je vis et me débats chaque jour. Heureusement, grâce à l’écriture et à l’aveu de mon enfance, je me protège contre la (grande) tentation de faire marche arrière, de m’oublier, d’oublier le passé, de faire fi de mes blessures et de reprendre contact avec mes parents — ce que je ferai pour de mauvaises raisons, de toute façon, puisque ce qu’il me manque n’est pas réel. C’est grâce à vous ici qui me lisez que je parviens à continuer, à aller de l’avant. Grâce au Viking aussi, avec qui j’en parle beaucoup. Alors merci!

Bien sur, il ne s’agit pas que de rompre: il faut faire un travail pour que le passé ne soit que le passé. J’avoue que pour le moment, j’oscille entre colère et tristesse; j’ai alors l’impression de ne pas arriver à travailler sur l’acceptation. Comme je le disais au Viking pas plus tard qu’hier soir, je suis constamment en colère face à mon enfance. Je ressens un sentiment d’injustice, je me demande souvent « pourquoi moi? » et « pourquoi mes parents ont-ils fait cela? ».
Je passe aussi par des phases d’apitoiement où je me sens triste de ne pas avoir cette famille de sang sur qui compter. Mais en même temps, je n’arrive pas encore à réconcilier la rupture avec la perte de cette idée que je me faisais de la famille « idéale ». Je me surprends à penser que « ça ira mieux entre nous »… ce qui me renvoie dans un état de colère: non, ça n’ira jamais mieux. Mes parents ne pourront jamais me dé-frapper ni me dés-humilier. Ping-pong émotionnel.
Sans compter que certains éléments de mon enfance, que j’avais remisés au fond de mon inconscient et qui m’étaient inaccessibles pour cause de déni, ont été libérés par cette rupture et remontent encore. J’ai parfois, sans prévenir, un souvenir auquel je n’avais pas pensé depuis très longtemps, mais j’en fais l’expérience comme si ça m’était arrivé hier. Peut-être que je ne pourrais travailler sur l’acceptation que quand tout sera remonté à la surface et que ma tête sera vide? Pardonnez-moi l’analogie, mais c’est un peu comme une bonne gastro: quand le virus s’est répandu et qu’il est sorti par chaque trou, qu’il n’y a plus rien à l’intérieur, on peut commencer la guérison. Mais si on remange trop tôt… C’est pourquoi je dois absolument maintenir cette coupure.

Parlons de mon père.
Je l’évoque assez peu dans les articles précédents. Il a été, en quantité, moins violent que ma mère, sans doute de part son absence mais aussi du fait qu’il a plus de patience qu’elle, plus de réflexion. Il a montré par le passé qu’il est parfois capable de se remettre en question et qu’il arrive à dire la vérité. Il a notamment avoué il y a quelques années que, quand mon frère et moi étions petits, la vie familiale l’intéressait peu, qu’il a volontairement fait passer sa carrière avant nous et que c’est l’un de ses plus grands regrets; il ne nous a pas vu grandir. Moi j’aurais surtout souhaité qu’il soit là pour être témoin du comportement de ma mère, qu’il nous vienne en aide et qu’il lui vienne en aide à elle aussi.
Je me souviens de quelques instances de claques, d’une fois où il m’a littéralement claquée sur un mur de béton contre lequel ma tête s’est cognée — et ironiquement, ma mère lui a passé un savon ensuite — mais ce qui m’a fait le plus de mal ce sont ses remarques et critiques. Au collège j’étais « bouboule » (ses mots) et il refusait de m’acheter des baskets de la marque que toutes mes copines avaient parce que « tu ne vas pas courir mieux avec celles-ci, tu es bouboule et tu cours comme une débile, avec des baskets de marque tu seras toujours bouboule et tu continueras de courir comme une débile ». J’en ai pleuré. J’aurais tant aimé qu’il m’explique qu’il ne pouvait pas m’offrir des baskets plus chères, au lieu d’accuser mon physique et mes capacités physiques et ainsi me démontre, méchamment, que je ne méritais pas ces baskets de marque.
Après le lycée, j’ai beaucoup maigri (je courais, justement!) mais ça n’allait encore pas, cette fois-ci j’étais « trop maigre » et mon père me disait que j’étais « moche maintenant ». Ma mère, elle, me disait que je n’avais « pas de nichons » et que j’étais « toute plate ».
Je faisais également les frais des remarques de mon frère, passant ainsi par toutes sortes de surnoms, de « la grosse » à « squelette »et il me disait « mes potes te trouvaient trop bonne avant, maintenant tu n’as que la peau sur les os, un coup de vent et tu tombes ».
J’étais obsédée par mon alimentation et par courir 40 minutes tous les deux jours: je tentais de maintenir un poids de 45 kilos pour 1m58. Ce n’est pas maigrissime ni maladif, mais ce n’est pas mon poids de forme donc ça demandait des efforts et une surveillance constante.
Même si c’était pénible, j’aimais beaucoup cette période de ma vie car enfin, ENFIN, je contrôlais quelque chose dans mon existence! Ces obsessions ont cessé avec mon départ pour les USA en 2009. Mais dès mon premier retour en France, il a plut des remarques: « wahou, comme tu as pris des joues! », « tu as grossi chez les américains, dis-donc ». Et pendant mon séjour on me disait « tu vas revenir obèse ».
Une dizaine de jours après mon accouchement, alors que je skypais avec mes parents, j’y ai encore eu droit: « tu as pris des sacrés nichons! » et de la part de mon père, me voyant aller chercher quelque chose à manger « mais arrête de manger! ».

Ce n’est pas drôle. Cette dernière remarque, après la naissance d’Oscar, mon père l’a énoncée avec un peu de plaisanterie dans la voix, mais ce n’est pas drôle. Les remarques sur le poids, le physique, l’apparence, ne sont jamais ni rigolotes ni gentilles. Pas moins que le pincement d’une « bonne joue » ou d’un peu de gras du ventre, ce sont tout simplement des insultes. Je trouve ces piques encore plus déplacés quand elles viennent d’un parent: pourquoi ma mère s’obstine-t-elle à critiquer la taille de ma poitrine? (et accessoirement celle de toutes les autres femmes de la famille et qu’elle rencontre)
Pourquoi mon père se permet de juger non seulement mon apparence physique, mais aussi mes capacités physiques?  Pourquoi c’est lui qui décide si je cours « comme une débile » ou non? Pourquoi ont-ils laissé mon frère avoir cette main mise sur mon physique, pourquoi lui ont-ils donné ou laissé le pouvoir de m’insulter? En quoi la critique de mon apparence physique leur permettait de se valoriser ou, au contraire, de se sentir de moins bons parents?

On en revient à la possession: je possède mon enfant, elle est moi, donc si elle court mal, si elle est grosse, si elle est maigre, si elle n’a pas de seins, c’est sur moi que ça retombe. Mais dire à son enfant qu’elle court comme une débile ne va pas la faire courir mieux, tout comme ma cousine me disait très justement, ayant fait les frais de remarques de ma mère, que de s’être entendue dire « tu es une planche à pain » ne lui a pas fait pousser la poitrine! En quoi ma mère a-t-elle trouvé satisfaction dans le fait de se mettre en compétition avec sa propre filleule, alors adolescente? N’est-ce pas pathétique de se dire « bon ouf, moi j’ai des seins, mais ma nièce non, hahaha »? Pourquoi ma mère a-t-elle dit un jour à mon cousin et filleul, qui voulait manger des chips, « beuuuh, tu vas être GROS », et s’est montrée tant satisfaite lorsque, chamboulé, il a reposé le paquet? Pourquoi ma mère nous répétait enfants « toutes les femmes sont des salopes », jusqu’à tant que mon frère le dise aussi et m’alpague un jour où je voulais caresser son chat d’un « il aime pas les FEMMES, toutes DES TRAITRESSES »?
On dénigre les autres pour se sentir mieux soi-même, quand on a pas confiance en soi, quand on ne s’aime tellement pas que c’est tout ce qu’on a trouvé pour se donner un peu de valeur. On s’installe dans un jeu de pouvoir, on a besoin de posséder, d’être dans le contrôle des autres.

Ces rapports de pouvoir, cette emprise, justement, comme me l’a redit le Viking, c’est ce qu’il faut que je parvienne à casser. Bon, vous le voyez, je ne suis pas encore sortie de l’auberge!

Dans la lettre que j’ai envoyé à mes parents, je leur demandais de ne pas me contacter jusqu’à ce que je sois prête à faire un pas vers eux, même si cela pouvait durer plusieurs années: c’est le principe de la métaphore de la gastro que j’expliquais plus haut.
Je leur ai cependant dit que j’allais leur faire parvenir des nouvelles d’Oscar; je ne choisis pas de couper le contact pour lui, alors qu’il n’est pas en mesure de prendre une telle décision. Malgré cette requête, ils ont envoyé un message au Viking, lui disant qu’ils ne comprennent pas ce qu’il m’arrive. Ils m’ont aussi envoyé plusieurs emails: j’ai répondu au premier, car c’était tout au début de la coupure et j’étais moins forte, moins sûre de ma décision. J’y réitérais ma demande de ne pas me contacter. Je n’ai plus répondu après ça, estimant la lettre comme contenant assez d’explications, mais la teneur des emails suivants m’a surprise: mon père faisait comme si de rien n’était. Je leur ai envoyé neuf pages et je recevais un message disant qu’ils avaient « hâte de nous voir » et d’autres banalités…
Si j’avais cru recevoir malgré tout une réponse de leur part, je m’attendais à quelque chose de l’ordre de « nous avons bien reçu ta lettre, nous sommes désolés que tu aies vécu ton enfance de cette façon, nous allons faire le chemin nécessaire pour comprendre que ce que nous avons fait n’était pas bien, et nous serons là quand tu seras prête à réouvrir le contact, car nous t’aimons ».
Je ne sais pas si c’est qu’ils ne peuvent en parler pour le moment car c’est trop difficile, ou s’ils ont choisi de ne rien dire et de ne pas se remettre en question. Je me doute qu’il faudra du temps. Peut-être que, pour le moment, ils préfèrent étouffer leurs propres sentiments par rapport à ce qu’ils m’ont infligé, pour ne pas ressentir ces émotions douloureuses? J’espère que c’est la raison pour laquelle ils font comme si de rien n’était.
Mon but étant de parvenir à les pardonner « pour moi », pour ne plus leur en tenir rigueur, je ne sais pas comment c’est possible d’y arriver sans qu’ils fassent eux aussi la route nécessaire afin de reconnaitre leurs fautes. Si on ne peut évidemment pas revenir sur les événements du passé, on peut choisir d’aller de l’avant en reconnaissant les torts et en assurant ainsi, de façon sincère, que ça ne se reproduira plus.

La suite la plus surprenante de cette lettre a été un message insultant, colérique, abusif et sexiste de mon frère. Dans un ton très rabaissant, il insinuait que si j’agissais ainsi, ça ne pouvait venir de moi: je ne suis qu’une faible femme! J’ai subi un lavage de cerveau, j’ai été manipulée par une de mes cousines (avec qui il ne s’entend pas) et je cherche à déplacer les problèmes de cette cousine avec ses parents (le frère de ma mère est alcoolique et abusif) sur « ma petite personne ». Rien de tout ce que j’avançais n’était vrai, j’inventais tout car j’avais certainement mes règles, et même que c’était la faute de… Donal Trump. (Bon, on ne sait pas trop comment il est arrivé là dedans, lui :-) )
Il m’y qualifie de « méchante, égoïste, et menteuse », dit que je ne cherche là qu’à faire du mal à nos parents. Il écrit dans ce message qu’il doit se rabaisser à mon niveau pour me parler, car je ne comprends que cela puisque je suis « une enfant ».

C’est la raison pour laquelle j’ai mis un mot de passe sur l’article suivant et celui-ci.
Mon frère a posté ce message sur le mur facebook du Viking — le Viking l’a effacé aussitôt et sans répondre.  Il pensait ainsi, en le mettant sur le mur du Viking, me faire suffisamment honte pour me faire taire. J’en parlais dans l’un des articles précédents, c’est une technique de personne toxique sur sa victime.
J’ai choisi de ne pas donner suite au message de mon frère, ça ne servirait à rien. Son ton et son attitude démontrent tellement que les effets de son enfance sont présents, or je ne peux pas le sortir du déni. Pour le moment, il faut que je m’occupe de moi, pour moi mais aussi pour mon citron et mon Viking.
J’espère pouvoir à un moment remettre ces articles en public; pour l’instant j’essaie de me protéger d’avoir d’autres messages insultants et haineux, afin de faire mon chemin sans entraves autres que celles que j’ai déjà. C’est bien suffisamment difficile.


Ce post est « un peu » long et je reviendrai très bientôt avec, entre autre, des ressources concernant les violences familiales et les parents toxiques.