Au revoir, Madame

Vendredi, à 14h45, j’ai cessé d’être prof.
J’y ai souvent pensé dans ma courte carrière. Peut-être même depuis les premiers instants. Statistiquement, la majorité des enseignants démissionne au bout de 5 ans. Pourquoi? Parce que c’est un métier, quand il est bien fait, difficilement équilibré.

Mais je ne veux pas m’attarder ici sur les problèmes liés à la profession. À moins d’être lue par d’autres profs, je sais d’avance que « mais vous les profs, vous ne foutez rien, pendant dix ans vous pouvez énoncer le même cours, puis vous êtes toujours en vacances, et vous êtes bien payés, franchement qu’est-ce que c’est 75 copies à corriger trois fois par semaine, t’es chez toi à 15h ».

Je n’ai pas non plus l’ambition de vous faire un récit de ce qu’il se passe dans une classe de collège, de vous expliquer qu’on enseigne plus comme en 1990 et que non, je n’énonce pas de cours, en fait. Je n’ai pas la patience de vous ressortir des grandes théories éducatives et psychologiques apprises en fac, qui me feraient passer pour pédante, ni qu’il faut chaque jour composer avec l’addiction des élèves à la micro-technologie. Bon, le dernier point, vous le savez sans doute et si vous avez des pistes pour des écoles anti-tech où on pourrait scolariser le citron le moment venu, n’hésitez pas…

Je veux parler du sentiment doux-amer qui m’a envahie les dernières semaines de classe,  alors que je partageais des moments sympas avec mes petits accros de l’iPhone et du Fidget Spinner. Je veux parler de tous les événements drôles. Je veux parler de cet élève de 13 ans qui n’avait pas confiance en ses capacités mais qui était capable de faire une blague en français. Je veux parler de leurs vidéos de cuisine, de ces deux filles qui ont choisi de se filmer en train de faire une tarte aux pommes et qui m’en ont apporté une part. Je veux parler des examens de fin d’année que les élèves ont conçu, au lieu de passer. Je veux parler du chouette cercle littéraire que nous avons fait pour iMamie.

Parce qu’enseigner, c’est renouveler, changer, inventer, faire bouger, échanger, inverser. Enseigner, c’est s’adapter aux élèves d’aujourd’hui et trouver le meilleur moyen de les atteindre, pas de les faire rentrer dans une case. Au hasard, la fameuse case de 1990… Enseigner, ce n’est pas remplir un trou;  c’est créer un trou que les élèves vont avoir envie de remplir eux-mêmes. Moi, la prof, je ne suis que le guide de cette quête. Je suis là pour leur tendre la main et les mettre en route vers ces pistes de réponses. Je ne détiens pas le savoir. D’accord, occasionnellement, je détiens le savoir de comment on prononce ce mot-ci ou ce mot-là ;-)

Etre ce guide pendant l’heure de cours requiert que toute la préparation soit faite en amont. Pendant les quatre heures d’enseignement journalier, je suis à leur disposition, ce qui signifie qu’avant et après, je potasse sur des techniques, j’invente des activités, je me creuse le cerveau sur le meilleur moyen d’amener tel élément et de m’assurer qu’ils trouvent une option qui leur convient pour que ça rentre. Je propose, ils disposent.
Etre ce guide, ça mange sur la vie. Or, pour le moment, ma vie avec le citron est bien trop précieuse pour être réduite à une promenade en fin d’après-midi et à une lecture du soir.

Après 5 ans, je n’ai pas eu à démissionner.
Pour des raisons budgétaires, une collègue dont le poste a été supprimé a pris le mien. La dernière arrivée est la première à partir, et l’équipe se portera mieux sans celle qui faisait des vagues et voulait tout changer. Au lieu de tenter d’abattre le mur du mythe des devoirs à la maison, ce sont d’autres cloisons vers lesquelles je vais me diriger maintenant. Notamment celles de l’auto-entreprenariat et de la traduction freelance.

Mon dernier souvenir de prof restera cette interaction avec une élève perdue, dont la salle de permanence a été changée au dernier moment. Je n’oublierai pas sa petite voix apeurée, son regard timide, puis son sourire reconnaissant. Car c’est peut-être ça, finalement, qui fait que des milliers de personnes aspirent à être prof: savoir qu’on a amélioré la journée d’un autre être humain.

Le bureau qui avait disparu

Une reprise en douceur

Après 8 mois de congé maternité, j’ai repris le chemin du collège.
J’ai retrouvé mes élèves pour douze semaines de cours de français, non sans appréhension… En réalité, il m’a fallu environ 10 minutes pour reprendre mes marques :-D
Facile, rien n’a changé dans mon établissement. À part quelques nouvelles têtes du côté des collègues et une station-filtre pour les bouteilles d’eau dans mon couloir, tout est exactement pareil.

C’est beaucoup plus simple de revenir dans un endroit déjà connu, avec un tiers des élèves qui m’avaient l’an dernier et des collègues que je connais déjà, que de se lancer dans une nouvelle entreprise après un congé relativement long. De plus, le citron sera avec le Viking, qui est en congé paternité, et non pas avec des inconnus. Dans tous les cas de figure, voici quelques pistes pour reprendre sans avoir envie de se pendre au radiateur — que vous ayez envie de revenir au travail ou non, d’ailleurs: même si la vie à la maison avec bébé n’est pas pour vous, ça ne veut pas dire que c’est facile!

Je suis revenue progressivement
Six semaines avant mon retour, j’ai demandé un rendez-vous avec mon principal et son adjointe. Ça m’a permis de prendre connaissance de mon emploi du temps (j’ai demandé à passer à 60% de temps) et poser des questions nécessaires, comme où vais-je tirer mon lait, suis-je obligée d’aller à toutes les réunions alors que je finis plus tôt, etc.

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me voici dans la petite salle où je tire mon lait

J’ai aussi profité de cette occasion pour amener le citron avec moi et faire le tour de mes collègues. Avoir Oscar avec moi m’a permis d’unifier les deux réalités de ma vie: je suis mère et je suis prof.

La semaine avant de reprendre, j’ai assisté à chacun des cours, sur deux jours.
Le mercredi, j’y suis allée deux heures l’après-midi. Le jeudi, j’y suis allée trois heures le matin. Ça m’a permis de voir (et de me présenter à) tous mes élèves, ainsi que de laisser le citron progressivement. Jusqu’alors, je l’avais emmené partout!

Le dimanche avant la reprise, je suis passée à l’école en vitesse. En trente minutes, j’ai pu sortir mes affaires d’un placard, personnaliser un peu mon bureau (notamment un cadre avec une photo d’Oscar) et écrire ce qu’il fallait au tableau pour lundi matin. Je déteste être pressée le matin!

J’ai fait une réserve de lait au congélateur
Un mois avant de reprendre, j’ai commencé à tirer mon lait et à le congeler. Ce n’était pas une mince affaire, car le citron ne loupait aucun repas et donc ce que je récoltais était bien maigre. Je n’étais pas vraiment rassurée sur les quantités. Maintenant que le citron loupe son déjeuner, je tire mon lait vers 11h30 tous les jours. J’obtiens entre 100ml et 150ml en 30 à 40 minutes, en pompant un sein après l’autre (j’aime avoir une main libre pour faire quelque chose, et je n’arrive pas à tirer aussi efficacement avec les fameux soutien-gorges à fentes qui permettent de tirer en version mains libres).

Graduellement, le Viking a proposé un peu de lait au citron dans un biberon. Je suis partie à l’étage pour ne pas le perturber par rapport à la source de la nourriture, héhé. On a pour le citron une tétine spéciale qui imite le fonctionnement du sein: il faut faire le même mouvement de succion, sinon le lait ne sort pas (à l’inverse d’une tétine classique, qui même sur du niveau 1 a un débit beaucoup plus rapide qu’un sein). Il est très lent car distrait et boit en général la moitié de ce qu’il prendrait directement à la source. Il se rattrape quand je rentre: il veut immédiatement téter dès que je passe la porte. Comme il mange bien ses purées, on ne s’inquiète pas. Il tète régulièrement et de nombreuses fois par jour, je n’ai toujours pas eu le retour de mes règles!

Je médite, notamment sur le thème du travail
J’en ai parlé il y a peu, j’ai commencé la méditation guidée. Quelques semaines avant la reprise, j’ai commencé à méditer sur le thème de la peur de l’inconnu et des relations difficiles, sans que ça soit très spécifique au monde du travail. J’ai aussi trouvé de l’aide dans la méditation sur le thème du lâcher prise; en effet, c’était difficile pour moi de me dire que le citron serait hors de ma vue pendant mes heures de travail, même s’il serait avec le Viking.
J’ai aussi pris un pass semestriel pour l’application française Petit BamBou, car les cours proposés me plaisaient vraiment. La semaine avant la reprise, j’ai commencé une méditation en 12 étapes sur le monde du travail.

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Ces médiations sont progressives, il faut les faire dans l’ordre car l’une débloque la suivante et ainsi de suite. Bien sûr, on peut toujours revenir aux méditations déjà réalisées, notamment sur son lieu de travail si l’on en ressent le besoin.

Je me suis organisée à l’avance
Depuis toujours, avec le Viking, on planifie à l’avance nos repas de la semaine. Ça nous permet d’être hyper efficaces au niveau des courses, mais aussi de ne pas gaspiller d’argent/de nourriture et de ne jamais (ou presque) nous retrouver dans la situation où on commande une pizza parce qu’on ne sait pas quoi faire à dîner. Nous avons par exemple une listes de tous les repas qu’on aime collée sur le frigo, et chaque week-end avant d’aller faire les courses, nous sélectionnons quoi manger. La liste est ainsi faite en fonction des repas prévus.

J’ai pris le taureau par les cornes sur d’autres niveaux, afin d’éviter de devoir perdre du temps à penser à mes repas de midi (il faut que j’amène mon déjeuner et cette année je suis de surveillance dans le lobby à midi, je n’ai pas accès à un micro-ondes pour réchauffer d’éventuels restes) ou que je me prenne le chou sur ma tenue du lendemain. Je voulais aussi être certaine d’avoir des repas équilibrés à proposer au citron chaque jour.

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J’ai commencé par noter une dizaine de combinaisons possibles avec mes vêtements, pour choisir facilement des tenues de travail. Là, c’est la version actuelle (fin de l’hiver, début du printemps). J’ai aussi fait une version plus estivales, même si je n’ai pas encore sorti mes affaires d’été. Il va nous re-neiger sur la tronche ce week-end, ce n’est pas encore le moment!

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Puis j’ai fait une liste de trucs que je peux associer pour mes bols de déjeuners. Je mets un point d’honneur à manger végétarien presque tous les midis (exception faite du thon en boite).

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J’ai tracé vite fait un tableau-brouillon de ma semaine, et je me suis servi des listes précédentes pour remplir les cases. Le repas de mardi soir n’a pas eu lieu: j’ai fêté mes 30 ans et nous sommes allés au restaurant japonais manger des sushis (le citron, quant à lui, a eu un petit bol de tofu qu’on a écrasé).

J’ai ensuite recopié tout ceci sur le calendrier « officiel » de la famille, qui se trouve sur notre réfrigérateur :-) J’ai finalement changé quelques trucs sur le moment, mais l’idée est là et le gros du travail est fait en amont. Les après-midis et soirées sont donc libérées et permettent de vraiment passer du temps en famille.

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Je vais continuer d’établir ainsi des tableaux chaque week-end, pour la semaine à venir.

J’ai planifié mes cours à l’avance
Avant d’avoir un enfant, je planifiais mes cours plus ou moins d’un jour à l’autre. J’avais du temps entre chaque classe, ma présence à l’école était plus longue, je m’autorisais souvent une pause thé/café plus ou moins longue en mi-journée… Je me retrouvais facilement avec deux heures de travail chez mois chaque soir. Contrairement à la France, ici les profs sont tenus de rester toute la journée (8h-15h dans mon collège) et ne sont pas autorisés à partir entre leurs cours. Autant profiter de ce temps-là pour corriger des copies et préparer ses cours à venir! Certains jours, comme mon emploi du temps est concentré afin que je puisse faire 9h-14h (en gros, même à 60%, car on a énormément de réunions), je n’ai pas de temps de préparation du tout car je le prends pour tirer mon lait. C’est pourquoi quand j’en ai, je l’utilise efficacement: je veux ramener le moins possible de travail à la maison pour profiter du citron et du Viking.

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J’ai réalisé cette espèce d’organisateur pour ma semaine. Les symboles sont plus ou moins respectés en fonction de ce qu’on fait chaque jour. Parfois, tout ne s’y prête pas. Ça me rappelle de bien prévoir des activités orales interpersonnelles ainsi qu’une production pour chaque nouvelle chose apprise.

Le plus loin dans mon planning je vais, le mieux je peux voir une progression logique des activités en classe. Cette organisation m’est non seulement utile, mais elle est bénéfique pour mes élèves!

J’ai mis de la couleur dans mon emploi du temps
C’est peut-être un peu beubeu, mais j’ai colorié grossièrement mon emploi du temps. J’en ai une copie à l’école, sur l’étagère à côté de mon bureau, et une à la maison sur le frigo. Ça change du noir et blanc qui ne donne pas très envie de faire cours!

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Grâce à tout ceci, ma reprise a été douce et sans crise de larmes.
Le Viking s’éclate et voudrait que chaque père qui le souhaite puisse avoir la même chance que lui de rester à la maison six semaines avec son bébé!

Travail, stress et relaxation

En général, je ne suis pas quelqu’un de très stressé. C’est presque quelque chose qui m’est reproché ici aux USA, où je passe pour nonchalante: on me fait souvent sentir que je devrais m’inquiéter plus pour mon emploi, que je devrais me plier en quatre pour satisfaire mon employeur, qu’il vaut mieux être un bon collègue (quelqu’un qui dit toujours oui et ne s’écoute jamais?) et un prof passable que l’inverse. Dans le pays où on peut être renvoyé sans raison et où on a tendance à vivre pour son travail, ça n’étonne pas. Il n’y a pas de filet de sécurité, pas d’indemnisations, et très peu d’aides financières. La relation à l’emploi est l’une des différences culturelles les plus frappantes.

J’ai souvent entendu « arrête de penser comme une française », « on est loin de tes 35 heures » ou le fameux « ici, ce n’est pas comme ça ». Je ne mords pas à l’hameçon!
J’aspire à une vie plus lente, plus douce et plus respectueuse des rythmes biologiques humains. J’exige un confort familial (d’autant plus depuis la naissance du citron) et je refuse de le sacrifier au nom de je ne sais quel dû qu’on aurait par rapport à notre boss. Regardons à quel point les scandinaves sont productifs avec leur journée de 6 heures! Plus on est en mode remplissage, moins on est créatif…

Dans le même esprit du minimalisme matériel qu’on pratique dans cette famille, je souhaite travailler moins pour travailler mieux. Je suis en train de créer mon emploi.

J’y pensais depuis plusieurs années. Je voulais me mettre à mon compte, mais là encore je fonctionnais comme une française et me disais que c’était une chimère. Si les USA m’ont appris quelque chose, c’est bien qu’on peut se recycler à volonté! Créer son entreprise n’est pas le parcours du combattant. Une idée concrète m’est venue en décembre, quelques semaines avant que j’apprenne qu’une collègue prendra mon poste l’an prochain car le sien est supprimé. Dernière arrivée, première à partir. C’est l’occasion de ne pas reculer! Je ne peux plus avoir peur, on me donne enfin l’opportunité de travailler pour moi.
Je me forme, je construis mon profil professionnel, je m’apprête à mettre le nez dans un peu de paperasse. Je me languis de cette indépendance qui sera mienne au début de l’été!

Il me reste deux semaines de congé maternité. Je me vois dans l’obligation (financière, cette fois, car c’était un congé sans solde tout du long) de retrouver mes élèves et mon tableau électronique pour les 12 semaines de cours qu’il reste. D’où mon stress.
C’est au tour du Viking de rester à la maison! Et même si je me réjouis des moments privilégiés qu’il va passer avec son fils, la transition ne sera pas facile. Le rythme, les diverses obligations, les personnalités conflictuelles, la déception que provoque en moi l’éducation traditionnelle… Ceux qui sont profs ou qui vivent avec un prof le savent: la journée ne s’arrête pas quand on entre dans sa voiture le soir. C’est un métier chronophage, qui mange sur la vie de famille à coups de copies à corriger, d’e-mails de parents et de leçons à planifier (non, on ne fait pas qu’ « utiliser le bouquin »…).

Heureusement que le printemps arrive. Ca sera toujours plus sympa de devoir réveiller Oscar pour lui donner le sein avant de partir s’il y a du soleil qu’en fond de tempête de neige! Si vous saviez comme j’ai mal au coeur d’être sur le point de lui casser ses rythmes naturels pour le conformer aux obligations sociétaires alors qu’il aura tout juste 8 mois…
Mon tirage de lait se passe mal. C’est purement psychologique: j’ai plein de lait, mais mon cerveau envoie le message à mes seins de le garder pour nourrir un bébé directement, non pas pour l’envoyer au congélateur. Il me faut 5 jours pour tirer la quantité d’un seul repas, alors que le citron mange directement à sa faim à volonté, le reste du temps! Un autre signe que tout ceci n’est pas naturel.

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une heure, deux seins…

J’ai trois techniques pour m’aider dans la gestion du stress:

J’ai (re)découvert récemment la méditation guidée. 
Je suis allée à un séminaire de rééducation du périnée proposé par une prof de yoga, qui nous a guidé dans une relaxation pour terminer le cours. C’est lors de cet exercice final que je me suis dit « tiens, ça marche vraiment bien sur moi, il faudrait que je puisse le faire tous les jours ». C’est vrai que j’aimais beaucoup cette partie quand je prenais un cours de yoga. Au début, c’était surtout en rapport avec l’éviction de mes parents de ma vie, mais c’est rapidement devenu un outils quotidien. J’ai fait un peu de recherches puis je suis tombée sur l’application Meditation Studio. Je n’ai pas de smartphone, mais elle passe sur iPod Touch (et iPad) aussi. On peut naviguer différents thèmes, trouver une méditation qui nous convient autant au niveau du sujet que du temps demandé, puis la télécharger: il n’y a pas besoin d’être connecté à internet pour l’écouter ensuite.

L’interface est neutre, elle ne distrait pas. Vous pouvez ajouter un bruit de fond à la voix du prof, comme par exemple des carillons ou de la pluie (ces deux-là sont ceux que je préfère). L’application coûte $4 et donne accès à plein de cours, qui sont sans cesse mis à jour sans avoir besoin de payer à nouveau. Pas besoin de matériel: il suffit d’un siège confortable ou d’un endroit où s’allonger.

Après quelques recherches, j’ai trouvé l’application Petit BamBou en français, qui me semble extrêmement similaire. Leur catalogue est large, il y a même une série sur la parentalité bienveillante!

L’écriture est un exutoire formidable.
Je parle beaucoup avec le Viking, mais il n’est pas toujours présent. C’est avec lui que je debrief le plus les trucs négatifs qui se passent dans ma vie, au jour le jour. Quand il n’est pas là, ou que certaines situations se prêtent mieux à l’écriture qu’à la parole, c’est à mon clavier que je m’en remets.
Si j’écris souvent sur du papier, j’ai cependant trouvé en OmmWriter un programme formidable. Il s’agit d’une interface qui prend tout votre écran, afin de ne pas vous laisser vous distraire. Vous ne pouvez pas passer à une autre fenêtre à moins de fermer le programme complètement: c’est une aide à la concentration.

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(le petit truc qui dépasse à gauche ne vient pas de l’interface, c’est le raccourci de mon programme de tableau électronique pour l’école)

Vous pouvez changer l’image, sélectionner une mélodie apaisante en fond sonore, choisir la taille de votre petit cadre (qui disparait si vous bougez la souris, pour encore plus de minimalisme). Vous pouvez également choisir un son de clavier (effet machine à écrire, par exemple) ou le rendre silencieux.

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OmmWriter est payant: vous pouvez donner ce que vous voulez, à partir de $5.11
De mon côté, je me le suis offert pour $7. C’est achetable de n’importe quel pays.

Week-ends sans réseaux sociaux
Les gens qui vont sans cesse sur leurs applications de réseaux sociaux sans y penser reportent un niveau de stress de 5.3/10… À savoir que la moyenne de stress est de 4.4!
Nos cerveaux sont programmés pour répondre à un changement de stimuli rapide: c’était logique à l’époque des femmes des cavernes, qui devaient se partager entre la cueillette, la cuisine, les enfants, les mammouths, les insectes dangereux, le mari qui n’allait peut-être pas revenir de la chasse en un seul morceau, les virus tueurs, la météo peu clémente et la vie dans une grotte, la communication à coups de syllabes gutturales et j’en passe. Cette biologie, c’est ce qui nous empêche d’ignorer le dernier post sur Insta ou le message Facebook d’un ami, et qui nous stresse ainsi. Pourtant, si on ne répond pas de suite, on ne risque pas l’attaque du lézard géant cracheur de feu.

Personnellement, j’ai remarqué une moindre capacité à me concentrer, un déficit d’attention, une espèce de sentiment d’être droguée, en manque, dans le besoin. Et une perte de temps énorme, bien sûr. J’essaie de traiter cela comme une (très) mauvaise habitude, une addiction. C’est donc ça, ce fameux stress qu’on ressent quand on est constamment connecté, qu’on passe d’une appli à l’autre, qu’on ne sait même plus pourquoi on était venu!

J’ai décidé d’abolir Facebook et Instagram pendant le week-end. C’est une règle que je m’auto-impose depuis déjà deux semaines, et j’apprécie cette déconnexion.

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Un peu plus sur les travers des réseaux sociaux

À cause des réseaux sociaux — que je voudrais quitter mais je n’y arrive pas, car pour certaines personne c’est mon seul moyen d’être en contact avec elles — je suis moins créative et moins performante. Quand j’écris sur ce blog, j’ouvre fréquemment ma page Facebook sans y penser. Si mon iPod Touch est à ma portée, je vais aller appuyer sur des boutons sans réellement le vouloir. Quelques exemples de situations:
* Je l’attrape pour prendre une photo et sans même que je ne le remarque, je me retrouve sur Instagram ou Messenger.
* Je regarde une série avec le Viking, je lui dis « tiens, il a l’air vachement jeune cet acteur, tu crois qu’il avait quel âge au moment du tournage? », je n’attends même pas la réponse: j’ouvre Safari et je demande à mon moteur de recherche. Puis je vais aller machinalement voir sur Instagram, je déroule le curseur, le Viking se lève alors pour prendre de la glace, faire pipi ou regarder qui lui a téléphoné quelques minutes plus tôt, du coup je continue dans ma quête du rien et une heure plus tard, je m’aperçois que… il est une heure plus tard! C’est un cercle vicieux!
* Je suis en train de répondre à un message sur Messenger, le Viking rentre du travail, je lève la tête mais je ne repose pas l’iPod, ou bien j’engage une conversation avec lui sans être déconnectée. Parce que je regarde des séries de photos de gens que je ne connais pas! C’est fou, non?

Au début de mon « grand remaniement des cartes », quand les choses ont commencé à se dégrader sérieusement par rapport à mes parents, j’ai désactivé les alertes sur Messenger. Ma mère me harcelait de messages pour savoir ce que le citron faisait à la minute et je ne supportais plus d’entendre le truc sonner ou de voir les alertes s’accumuler. Mais je n’arrivais pas pour autant à ignorer les messages!
J’ai enlevé Messenger pendant les vacances de Noël mais je l’ai remis un mois plus tard. Je trouvais peu pratique d’envoyer des photos en passant d’abord par mes e-mails, puis je devais toujours passer par l’ordinateur. Je compensais avec ce dernier, en l’utilisant plus souvent, pour ouvrir Facebook en page web par exemple. Je me perdais ainsi à coup de clics par ci ou par là.

Maintenant, j’essaie de laisser mon iPod loin de moi quand je m’installe sur le canapé, que j’allaite le citron, que je prépare à manger, etc. Je le traite de plus en plus comme un simple appareil photo numérique. Ce n’est vraiment pas facile, car la tentation est là. Pendant la tétée, s’il se trouve là par hasard, je le « jette » au loin: il a une coque anti-choc ;-) Ainsi j’espère réapprendre à ne faire qu’une chose à la fois.

Je me tâte à supprimer Instagram, qui est, pour moi, plus chronophage que Facebook. Ce n’est pas un compte public, je mets les photos du citron sur un album Flickr, donc à quoi bon garder une application qui fait un peu double-emploi? Certes ça me passait le temps pendant mes nuits insomniaques de grossesse…
J’ai bien rigolé en lisant cet article à propos de l’application. D’ailleurs quand l’auteur dit qu’elle faisait attention à la chromie de ses photos, ça m’a rappelé que j’ai lu récemment une « youtubeuse connue » qui disait que son mari lui avait envoyé une jolie photo lors d’un voyage et qu’elle l’a mise sur son Instagram mais en changeant la couleur « car sinon ça n’allait pas avec le reste ». Là je me suis dit que c’était le moment d’arrêter les frais.

Quant à la vie fortement éditée, je pense que les gens de mon âge (oui bah, je fais ma petite vieille de 30 ans) ne sont pas assez beubeu pour se dire que c’est du vrai. Il y a souvent un énorme décalage entre ce qui est montré et la réalité du quotidien. Ça risque de faire beaucoup plus de mal aux adolescents qui cherchent alors à atteindre une vie qui n’existe pas. La référence au couple qui se fait chier au restaurant dans cet article est aussi très parlante. On connait tous des amis, ou des amis d’amis d’amis, qui se séparent alors que « tiens sur Facebook/Instagram/Snapchat, ils avaient l’air si heureux ».
Par extension, j’en suis coupable: j’ai moi aussi participé au jeu mère/fille qui se laissent des commentaires trop gentils et qui ont l’air super proches. Si on l’affiche ainsi, c’est que c’est vrai aux yeux des autres. Et comme aujourd’hui, en 2017, à cause des réseaux sociaux, on existe surtout aux yeux des autres, n’est-ce pas là la preuve que tout va bien? On veut y croire.

Remarquez, avec le pavé que je viens de pondre, vous allez peut-être vous dire « mais elle nous gave avec ses trucs, qu’elle se taise et nous mette une photo, ça ira plus vite » ;-)

La chambre du citron

Ce matin, mes élèves me demandaient comment ça va (ils sont gentils!), si j’avais hâte d’être en vacances (non non je voudrais bosser jusqu’à arriver au stade de baleine) et si j’étais excitée à l’idée d’avoir bientôt le citron dans mes bras. Je leur ai alors parlé de mes insomnies légendaires, ce à quoi ils ont suggéré que je n’ai qu’à tout simplement me lever à 4h du mat’ et « faire des trucs ».  Ils ont rapidement enchainé sur les deux grandes questions récurrentes depuis l’annonce de ma grossesse (j’en déduis donc que mon temps passé dans les bras de Morphée ne les intéresse point) :
1. Madame, pouvez-vous s’il vous plait nous dire le prénom du bébé avant les vacances?
2. Est-ce que vous avez fini de faire sa chambre, et comment est-elle?

Comme à chaque fois, je leur dis que c’est secret, qu’ils n’ont qu’à m’envoyer un e-mail en juillet et que je leur répondrai avec plaisir. J’y joindrai même une photo! (y’a une élève qui a dit qu’elle s’en fichait de la photo, elle voulait juste savoir le nom…)

Quid de la chambre, alors? 
C’est en cours! On a pas choisi de thème spécifique, tout simplement parce que les décorations pour chambre d’enfant sont horriblement chères et qu’on préfère investir dans des trucs dont on a réellement besoin. J’ai longtemps hésité entre viking ou citron, j’ai épinglé un max de trucs sur Pinterest, puis je me suis rendue compte que niveau budget, ça n’allait pas le faire. Pendant mon congé maternité (6 mois, non payés) il va bien falloir qu’on continue de manger! Si on regarde un peu Pinterest, Instagram et des blogs « connus », c’est facile de se prendre au jeu de la chambre parfaite: on devient vite fou avec les réseaux sociaux et l’apparent sens de perfection qui en découle.
Du coup, on fait dans le coloré et mignon, mais on reste minimalistes.

Voilà ce que ça donne au 14 juin:
Vue d’ensemble de la chambre (je me tiens dans un coin de la pièce pour faire la photo; à ma gauche j’ai la fenêtre et à ma droite un mur de placards encastrés)IMG_4564
Le lit à barreaux vient d’Ikea. Le matelas est en cours d’acheminement, nous l’avons choisi chez Colgate, le spécialiste du matelas bébé américain.

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À Ikea, nous avions aussi pris ces 3 affiches, notamment parce qu’il y avait un citron dedans. On les a fixées au mur tout simplement avec des punaises transparentes. Peut-être plus tard, on essaiera de les faire encadrer (ça coute un rein).

IMG_4554Nous avons recyclé mon bureau en table à langer, avec un matelas à langer basique qui est vissé au bureau à l’arrière. La guirlande en feutrine de baleines nous a été donnée par le frère du Viking et sa femme. Je suis pas trop fan des deux crochets blancs, donc ils vont surement disparaitre au profit de quelque chose de plus esthétique.
Dans le tiroir, j’ai mis des lavettes en coton pour le change et mes coussinets d’allaitement.

IMG_4577Tout récemment, j’ai trouvé ce petit panier en plastique (c’est pour ça qu’il ne figure pas sur la première photo) où j’ai pour le moment mis le liniment et un truc d’huiles essentielles « allaitement harmonieux ». C’est ambiance gros nénés chez moi, mais ça ne garantit pas une grosse quantité de lait, du coup j’ai pris ça sur http://www.mondebio.com, au cas où.

On va mettre une photo de nous dans ce cadre jaune (je vous rassure, on va enlever la trace du prix qui est dans le coin!). On a aussi trouvé une petite poubelle turquoise et une lampe colorée sur pied.

IMG_4555Il faut qu’on installe les pare-soleils dans ma voiture (pour le moment, le citron sera transporté essentiellement dans ma voiture parce que c’est un bateau elle est nettement plus grande que celle du Viking). Cet énorme sac Eastpak, c’est ce qu’on a choisi comme sac à langer.
Je l’ai fait venir du Royaume-Uni car, croyez-le, Eastpak ne fait pas de marché direct avec les US, et je n’ai pas trouvé de revendeur! Oui je sais, cette nouvelle est un choc pour tous ceux qui étaient au lycée avec moi…
On va y ajouter un patch thermo-collant en citron ;-)
Le sac passe autant pour le père que pour la mère, ça nous sauve le dos, et surtout ça va permettre d’héberger tout notre attirail: en effet, on utilise des couches lavables, qui, en taille définitive, sont nettement plus volumineuses que des couches classiques.

Au dessus de la commode, nous avons mis un cube avec quelques peluches et doudous, et deux livres en anglais. Ce truc de Batman, et The Velveteen Rabbit (le livre le plus triste du monde!), qui m’a été offert par des collègues.

Passons maintenant au contenu de la commode! 
(On a rien mis pour le citron dans les placards, tout bêtement parce que … c’est le boxon! On y stocke des valises, des caisses, des trucs en attente d’être peints, etc.)

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Dans le premier tiroir il y a des bonnets, des chaussettes, des moufles anti-griffures, des bavoirs et deux tétines (conseillées par une amie en cas d’urgence de succion en pleine nuit!).

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En dessous, il y a des vêtements allant de 0 à 3 mois. Bodies, pyjamas, pantalons, gilets, tenues « tout en un », c’est un tiroir tellement profond que tout ce qu’il possède pour ses 3 premiers mois y rentre! J’ai tout lavé ce week-end et j’ai fini par ranger différemment, non pas par taille mais par type de vêtement.
(–> depuis que la photo a été prise, nous avons reçu des tenues en cadeau de la part de l’école du Viking, et ça y passe aussi!)

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Dans le tiroir du milieu, j’ai mis les couches. On a 24 couches taille nouveau-né, celles que nous avons louées, et nous avons pour le moment 4 couches taille définitive. Elles sont évolutives et suivent l’enfant de 5 kilos (je pense qu’elles font un très gros fessier à ce poids, haha) jusqu’à ses 3 ans. On a donc décidé que pour cette taille, nous ne voulions pas louer mais acheter. Les 4 ici présentes, encore emballées, sont un cadeau du frère du Viking et de sa femme.
Le machin à motif renard est un sac de transport pour stocker les couches lavables souillées. Il y a aussi un tout petit sac pour les lingettes lavables, et un très grand qui nous servira de « poubelle » à couche à la maison, qu’on va accrocher au mur près de la table à langer. Ils se lavent en même temps qu’on lave les couches ou lavettes.

IMG_4560 Dans l’avant-dernier tiroir, j’ai rangé pour le moment nos trois couvertures en mousseline  de coton (idéales pour l’été, pour faire pare-soleil ou pare-moustique, pour mettre au dessus de la coque de transport ou poussette, pour mettre son bébé sur le ventre si on est pas chez soi, etc.) et une couverture en coton plus épaisse. Vous avez pu voir des bavoirs assortis tout en haut.

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Pour finir, les vêtements en taille 6 ou 12 mois ont trouvé place dans le dernier tiroir, avec les draps-housse (blancs), trois turbulettes spécial été, un torchon citron que j’ai trouvé dans une boulangerie, et une écharpe de portage Moby donnée par ma belle-soeur (l’énorme truc bleu qui dépasse à droite). Elle l’avait très bien pliée, mais je l’ai dépliée pour essayer de voir comment ça se met… sauf que je n’ai ni compris comment ça se met, ni comment la replier, haha. C’est un très long pan de tissus qui varie très peu en largeur. Il faudrait que je la teste avec une poupée!
J’ai pas encore décidé ce que je vais faire avec le torchon — probablement le passer à la mère du Viking, qui tricote, coud et fait des couvertures personnalisées.

Quant au prénom, alors … 
Nous avons acheté une lettre en bois pour l’initiale de son prénom, que nous allons mettre sur la porte. J’ai fait exprès de ne pas la montrer en photo, mais je vous donne un indice: son prénom commence avec l’initiale du prénom d’un de mes grand-pères (c’est un hasard).
L’un étant Othon et l’autre Henri, ça peut vous faire travailler le cerveau pour les 5 semaines à venir!

PS: si vous devinez, nous ne vous dirons pas que vous l’avez trouvé :-p 
PS 2 : les deux/trois personnes sur qui nous l’avons « testé » sont priées de ne pas frimer, haha