Une semaine de menus pour le citron

Dans la famille Viking, on essaie de faire des choix conscients à propos de ce que l’on mange, pour nous mais aussi pour la planète. La nourriture n’est pas toujours gégé aux Etats-Unis, où les régulations agricoles et de santé ne sont pas aussi sévères qu’en Europe. Sans compter que, pour l’américain moyen, la nourriture n’a pas ou peu d’importance du moment qu’elle remplit le ventre sans trop d’effort et qu’elle n’explose pas le budget. Heureusement, dans notre région, les gens sont plutôt intéressés par ce qu’il se passe dans leur assiette et par tout le processus en amont. Non seulement il y a plein de boutiques bio mais on trouve aussi du bio « proche » et du non-bio local en supermarché, ainsi que les fameuses fermes où l’on peut acheter en avance une part des récoltes et avoir alors un panier hebdomadaire (AMAP en français, CSA en anglais), bio ou pas bio, avec des produits frais de qualité.

Le Viking a un passé de quelques années de végétarien. À la rentrée, il a exprimé le souhait de faire un test de végéterianisme (sans éliminer le poisson) sur trente jours, mais nous avons plutôt coupé la poire en deux en préférant manger beaucoup moins de viande, en la prenant uniquement de bonne qualité.

Nous mangeons donc de la viande (bio) deux fois par semaine, du poisson local deux fois par semaine (le poisson « bio » ça n’existe pas), et des repas végétariens le reste du temps. On consomme donc beaucoup de lentilles, de pois cassés, et autres légumineuses (ainsi que des oeufs, mais plutôt au petit déjeuner) pour qu’il y ait toujours une source de protéine dans nos repas.

Concrètement, le citron mange la même chose que nous, du moment que le format est adapté. Il aime se nourrir seul et ne tolère que le yaourt donné à la cuiller. Traduction : le sol de notre cuisine n’est pas très propre!

Voici donc ses repas sur une semaine.

Lundi 


Petit-déjeuner: lait maternel + un yaourt bébé + un oeuf dur
Déjeuner: une demie tomate, du riz blanc, des haricots blancs ‘northern great bean’
Goûter: du lait de vache + une banane + une petite barre quino-cacao
Dîner: soupe aux 13 légumineuses (avec pommes de terres, carottes, oignons)


Mardi 


Petit-déjeuner: lait maternel + un demi avocat + des flocons d’avoine
Déjeuner: restes de la soupe aux 13 légumineuses
Goûter: lait de vache + une demie banane + un yaourt bébé
Dîner: « soupe » de fenouil, chou-rave, épinards avec des nouilles plates et des mini boulettes de porc (version soupe pour les adultes, version égouttée pour le citron)


Mercredi


Petit-déjeuner: lait maternel + yaourt bébé + un demi avocat
Déjeuner: riz blanc + haricots blancs + une demi tomate
Goûter: lait de vache + une banane + une petite barre quinoa-cacao
Dîner: soupe de lentilles corail avec pommes de terre, betteraves rayées, oignons et courge butternut

Jeudi 

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Petit-déjeuner: lait maternel + un yaourt bébé + un demi avocat
Déjeuner: restes de soupe de lentilles corail + un peu de lait de vache
Goûter: lait de vache + une petite pomme râpée
Dîner: cocotte d’automne (pommes de terre, courge butternut et patates douces cuites dans du bouillon) + haddock au four

Vendredi 


Petit-déjeuner: lait maternel + une banane + un yaourt bébé + un peu des oeufs coque de maman
Déjeuner: haricots noirs + tomates cerises + un demi avocat + un peu de lait de vache
Goûter: flocons d’avoine avec du beurre de cacahuète + lait de vache
Dîner: pâtes à la sauce tomate maison + mozzarelle + feuilles de betterave cuites dans la sauce

Samedi

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le truc violet c’est un petit machin soufflé qui a un goût de rien qu’on lui a donné pour patienter

Petit-déjeuner: lait maternel + une banane + une pomme râpée + de la frittata (c’était jour de grande faim apparemment!)
Déjeuner: restes des pâtes à la sauce de la veille
Goûter: lait de vache + une barre avoine pomme-épinards
Dîner: saumon au four + riz cuit dans du bouillon + duo de courge butternut et de pommes au four

Dimanche

Petit-déjeuner: lait maternel + un oeuf dur + une tranche de pain complet
Déjeuner: restes de riz + une carotte râpée + haricots noirs + lait de vache
Goûter: yaourt bébé + une banane + lait de vache
Dîner: courge spaghetti farcie au poulet haché (avec du curry pour relever) et pommes de terre à l’eau

Les menus sont composés suivant ce qu’il se trouve dans notre panier de la ferme (ça c’était il y a un mois donc ça reflète un panier un peu plus estival),et on essaie si possible d’alterner les jours de viande, de poisson, et de repas végétariens. Comme en ce moment les températures font n’importe quoi, il faut parfois intervertir des trucs; je n’ai pas franchement envie d’une soupe aux 13 légumineuses quand il fait 27° dehors haha.

Le citron gère les quantités qu’il mange, on ne le force jamais. On sait quand il n’a plus faim: il commence à aplatir les aliments devant lui, ensuite il les jette au sol (pour le chat ?!) puis il danse un peu dans sa chaise.
Alors évidemment, ce n’est pas du tout une technique propre. Il y a des repas qui sont moins salissants que d’autres mais souvent, s’il y a une sauce ou que c’est un repas un peu soupeux, le citron ressemble à ça à la fin:

(« brandade » saumon/courgette puis chili végétarien de quinoa et patates douces — oui, faire avec les légumes d’une AMAP ça implique forcément de cuisiner des recettes un peu chelou!) 

 

Le Citron au restaurant

Si ça nous arrive de sortir sans le citron, notamment pour aller voir un film, c’est rare qu’on se fasse un restaurant sans lui. Non seulement je n’aime pas qu’il mange seul — il mange avec nous, au même moment; certes ça prend plus de temps parce qu’il faut s’interrompre pour lui donner/l’aider/rattraper au vol le bout qu’il veut donner au chat, mais je ne veux pas me passer du côté communautaire des repas —  j’aime aussi l’idée qu’on lui ouvre un univers gustatif dès tout petit, en l’emmenant dans des restaurants étrangers. Il faut savoir que j’adore absolument toute nourriture asiatique. Japonais, chinois, thaï, coréen, indien… Je pourrais ne manger que ça! Dans la ville voisine, il y a aussi un restaurant népalais qui est super, par exemple. Il nous manque cependant un vietnamien!

Comme nous allions samedi à Montpelier, la capitale du Vermont, avec un copain qui est en visite dans le coin pour quelques mois, on en a profité pour y faire un tour. Mais avant de se restaurer, le citron s’est amusé dans la maisonnette d’une librairie qui a tout un étage dédié aux enfants!


Je me souviens qu’on avait emmené le citron au restaurant japonais tout au début de sa diversification alimentaire. C’était peu fun parce qu’il fallait lui prendre des trucs qui s’écrasaient bien: l’une des employées nous avait donné un petit bol de tofu soyeux, par exemple. Avant un certain âge, c’est quand même plus pratique d’emmener une purée maison ou une petite gourde achetée — ce qu’on avait fait en vacances à Portland, dans le Maine, au printemps.

Maintenant, il est assez grand pour mâcher quelques trucs. Si on sort manger, on lui donne un peu de nos assiettes, en coupant des bouts qu’il peut attraper seul. On ne le restreint sur aucun aliment ou assaisonnement du moment que le format est adapté ( = mou). Il mange du chili, par exemple. La texture n’est pas idéale pour qu’il puisse bien manger seul, mais les épices ne le gênent pas.
À la maison, la seule chose à laquelle je fais attention dans ma cuisine, c’est le sel: si possible, je n’en mets pas du tout.

Depuis cet été, le citron aime manger indépendamment. Ça ne veut pas dire qu’on ne lui donne pas du tout de purées ou qu’on ne l’aide pas, mais s’il y a quelques chose d’écrasé au menu, soit on s’assure que ce soit assez épais pour qu’il puisse attraper des bouchées avec ses doigts (pas intéressé de tenter la cuillère lui-même), soit on l’aide avec une cuillère mais on lui propose aussi des choses en morceaux à côté pour qu’il ne se frustre pas de ne pas manger seul. Pour les soupes, par exemple, je retire la majorité du bouillon de sa portion et j’écrase le tout grossièrement; de cette façon, il peut manger seul.

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Comme le restaurant vietnamien où nous sommes allés sert majoritairement des phô (soupes vietnamiennes traditionnelles), nous avons préféré lui prendre des entrées à part car nous voulions des soupes. Deux entrées ont largement suffit niveau quantité: il n’a pas tout fini, et de ce qu’on lui a donné, la moitié a fini au sol :-D

Je voulais lui proposer un dîner équilibré: nous lui avons d’abord commandé une salade de papaye verte. C’était râpé et assez vinaigré, mais ça ne l’a pas perturbé (moi je n’ai pas aimé!). Il a ensuite mangé des raviolis au poulet cuits à la vapeur. Il a fallu les couper pour lui donner des petits morceaux. Il a mangé le ravioli et la farce séparément parce que tout était sorti en les ouvrant, mais ça ne l’a pas dérangé non plus. On lui donne directement sur la table, au risque de se retrouver avec une assiette brisée au sol.

Le petit + des restaurants asiatiques, c’est qu’on trouve facilement des fruits et des légumes crus ou cuits, présentés de façon assez simple. Un carpaccio d’avocat, par exemple, est standard dans un japonais. Un assortiment chou râpé, brocoli au sésame et haricots noirs sera présent chez un coréen. Des cubes de mangue chez l’indien, etc.
Il y a évidemment le tofu nature, même si fade, qui sont faciles à prendre en main et à mâcher pour un petit d’un an.

Il est possible de commander les plats en version vapeur plutôt que sautés (ou frits) dans pratiquement tous les restaurants chinois. De même, il n’y a pas de « menu enfant » qui pourrait tenter les petits ou les parents à coup de nuggets et frites, ce qui serait quand même dommage quand on se retrouve face à de bonnes brochettes japonaises ou à un excellent tikka marsala indien!

Et ce sont toujours, selon moi, des restaurants super ouverts aux enfants!
Si vous fréquentez les restaurants asiatiques, même sans être parent, vous l’avez surement remarqué. Il n’est pas rare de voir les jeunes enfants du personnel venir jouer ou dîner dans la salle, même dans un bar à sushi plutôt guindé! Il y a un chinois pas loin que nous adorons; les deux ados des propriétaires font souvent leurs devoirs au milieu des clients tout en mangeant, haha. Je trouve que ça apporte quelque chose de tellement authentique, je me dis que si les enfants du personnel mangent là, c’est que c’est vraiment bon.

Ils se plient en quatre pour aider les familles à composer une version adaptée à ce que
l’enfant peut mâcher, apportent souvent un petit truc gratuit comme un bol de tofu pour faire patienter l’enfant, et ne font pas la tronche si des ustensiles volent ou si le bébé fait un peu de bruit. Bon, ça reste assez vrai pour les restaurants américains en général: les petits sont rarement regardés de haut. Je ne sais pas si on peut en dire de même pour un restaurant français?

Tout ça pour dire que je « valide » le restaurant asiatique avec un petit de 13 mois, si vous hésitiez encore!