Mini-vacances à Portland

Comme on a un peu un grain et que notre vie était trop calme, on s’est dit que c’était une bonne idée d’emballer toute la maison et de partir deux jours à Portland, dans le Maine. C’est qu’on dormait trop bien, jusque là: il nous fallait déboussoler le citron et passer une petite nuit blanche, pour le fun quoi.

Haha. Plus sérieusement, avec cet hiver qui a duré cinq mois, le Viking et moi étions sur le point de tuer quelqu’un tant nous n’en pouvions plus de rester dedans à regarder la neige et le froid faire des ravages.

Sur un coup de tête, on a réservé une chambre dans un chouette hôtel et on est parti.
À l’aventuuuuure!

coffre
Je ne suis pas peu fière d’avoir réussi à partir si peu chargés, car j’aime voyager léger: en général, si on va ne serait-ce qu’à une heure de route, on dirait l’équipe de rugby à 15 qui essaie de caser tout le vestiaire dans le coffre. Dur pour moi, une minimaliste.

La poussette cane, qui appartient en réalité aux grand-parents d’Oscar, aide pas mal: notre poussette de footing prend la moitié du coffre de mon bateau ma Ford Taurus.
Les vêtements du Viking et les miens sont dans le sac orange, avec les trucs d’hygiène. Le seul truc qui n’y rentrait plus, c’était ma paire de bottines grises qu’on voit à côté, mais finalement je ne l’ai pas mise du voyage. Les vêtements du citron sont dans le petit sac Décathlon que vous avez reconnu (c’est comme ça qu’on reconnait un touriste français d’ailleurs aux US: ils ont tous leur mini-sac Quechua!). Et bien sûr, nous ne sommes pas parti sans notre bien-aimé porte-bébé Ergo. Ce qu’on ne voit pas, c’est le sac à langer du citron (on l’a laissé sur le siège arrière), qui contient notamment 12 couches lavables et un plus petit sac plié, pour prendre avec nous en promenade. Plutôt pas mal, hein?

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En arrivant à Portland, il faisait beau. Nous nous sommes alors promenés près de l’eau après un déjeuner rapide, avec une petite glace… si on va à la plage, autant faire les choses bien!

Nous avons pris le temps de nous détendre un peu et de profiter du soleil en faisant une longue promenade, durant laquelle le citron a majoritairement dormi. Sur la photo, il venait de se réveiller, et le vent s’était levé.

Nous sommes allés voir les pêcheurs, qui à cette heure tardive de la journée ne pêchaient plus, mais c’était cool d’être en plein dans l’ambiance « sur les docks » avec les cages à homards et les mouettes qui cherchaient à récupérer des bouts de poisson. Le lendemain, il y a même un oiseau qui a fait tomber une carcasse juste devant moi, j’ai bien rit en me disant que j’ai failli ajouter « assommée par une mouette malhabile » à mon palmarès!

Dîner avec le citron n’est pas chose facile: clairement ça l’embête que son père et moi avons besoin de nos deux mains pour nous régaler de fruits de mer au lieu de lui lire un livre tout en lui enfournant une purée dans le bec. Nous avons donc mangé en décalé, lisant « Fox in Socks » une bonne douzaine de fois (si jamais on ne le connaissait pas déjà par coeur, héhé).

Au moment du coucher, un problème plus important s’est présenté: le lit fourni par l’hôtel était tout pourri. Il était si vieux que le matelas était d’une taille qui ne se fait plus, donc le drap était trois fois trop grand et ne tenait pas, mais en plus il était terriblement mou, or on sait tous qu’il faut faire dormir un bébé sur un matelas ferme sans rien de lâche autour. Après quelques parlotages avec le management, il s’est avéré qu’il n’y avait pas d’autre option. Nous avons alors décidé de reprendre la voiture pour sortir de la ville et de nous rendre chez notre fidèle ami Target pour nous acquérir d’un lit parapluie. Pas question qu’Oscar dorme dans un truc dangereux!  Vive les horaires américains, tout est ouvert jusqu’à 23h ou plus. Nous avons acheté un lit de voyage basique, facile à monter et à remettre dans sa boite: n’étant pas un produit que nous voulions acheter à la base car l’enfant ne peut y entrer ou sortir seul (motricité libre et pédagogie Montessori, quand tu nous tiens, tu nous tiens même en voyage!), nous savons que nous allions le ramener le lendemain. Là encore, merci les US car on peut tout rendre! Bon finalement, n’étant pas un lit connu du citron, il n’a rien voulu savoir et n’y a quasi pas dormi: il a fini sa nuit en position couchée dans la poussette, le Viking le berçant depuis son côté du lit.

EDIT: nous avons depuis acquis un lit Lotus Guava, auquel nous l’habituons à la maison… dans l’espoir de repartir en week-end de façon plus sereine avant l’adolescence du citron! 

Il faisait gris et frais le lendemain, ce qui ne nous a pas empêché de visiter un peu plus la ville.  Je suis évidemment passée par une papeterie, on ne se refait pas. Portland est une ancienne ville industrielle avec pas mal de bâtiments en brique rouge. C’est aussi un port de pêche important et la table tournante de plusieurs ferrys qui vous emmènerons dans diverses provinces canadiennes. Sans trouver que la ville tabasse sa race, c’est cependant une chouette destination pour un court week–end, surtout si vous êtes un amoureux des fruits de mer.

Avant de rentrer chez nous, nous sommes retournés au marché aux poissons: nous voulions emmener de quoi se faire moules-frites le lendemain, ainsi que d’autres poissons à mettre au congélateur.

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Ce marché à l’habitude d’avoir des clients venant de loin, ils ont de quoi emballer les marchandises dans des glacières qui tiennent la journée. C’est un lieu très authentique, situé en plein port, qui vaut la peine d’être visité même si vous ne repartez pas avec du poisson.

C’est quand le Viking remettait Oscar dans son siège auto que j’ai failli être dégainée par la fameuse mouette affamée; pfiou, j’y ai échappé belle!

The greatest adventure

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Nous étions deux et demi, nous sommes maintenant trois.
C’était il y a un an, sur les rives du lac Champlain, par une soirée de printemps fraîche et claire. Le juge de paix est arrivé sur son vélo, tout souriant. Nous avons marché jusqu’à un banc devant la capitainerie et nous nous sommes posés là, nerveux. J’ai enlevé ma veste. Je portais une robe de grossesse noire et blanche, le Viking un costume gris. Le soleil se reflétait sur l’eau, le vent faisait virevolter quelques mèches de mes cheveux. Nous n’avions même pas encore d’alliances! Il faut plus de temps pour fabriquer deux bagues que pour organiser notre cérémonie intime.

Nous étions deux et demi, nous sommes maintenant trois.
Quinze jour auparavant, je me tournais vers le Viking. Je le regardais et lui disais « J’ai envie de me marier avec toi maintenant. Ne pas attendre, ne pas inviter qui que ce soit. » Il a pris les choses en main, réservé l’hotel, le dîner, le juge de paix. L’idée d’être en petit comité lui plaisait. Nous avons sorti nos voeux de nos poches, nous nous sommes tenus les mains. Ce soir-là, le juge a pris quelques photos puis nous avons marché le long du port, en silence, heureux comme des rois.

Nous étions deux et demi, nous sommes maintenant trois.
Et ce n’est pas le citron, grandissant en moi, qui n’allait pas manifester sa présence dès six heures du matin! Entre insomnies et fringales de grossesse, nous avons pris le petit déjeuner le plus tôt possible, dans notre chambre avec vue. Le lac au loin, le sourire aux lèvres, la main sur le ventre. Nous nous sommes promenés en ville un peu, avant de reprendre le chemin de la maison. Je me souviens de ces quelques heures de voiture béâtes, à nous lancer des regards sur un fond de musique douce, avec notre petit secret à nous deux et demi. Nous n’avons rendu notre union publique que quelques semaines plus tard.

Nous étions deux et demi, nous sommes maintenant trois.
On dira ce qu’on veut, tant qu’on a pas d’enfant on est déficient d’amour. On a une vague idée de ce que c’est, on croit même en avoir fait l’expérience, et puis … et puis, quand on passe de deux et demi à trois (ou quatre, ou cinq!), il y a une nouvelle porte qui s’ouvre en nous. À deux, on n’est qu’un Rubik’s Cube non-résolu, un Sudoku trop complexe, un meuble Ikea dont il nous manque une pièce. À trois, on a accès à un labyrinthe affectif jusqu’alors inconnu. On a des clés en rab, un coeur plus mou, des yeux plus humides. À trois, on découvre l’équivalent amoureux de la solution des mots-croisés du New York Times, et pas ceux du dimanche.

Nous étions deux et demi, nous sommes maintenant trois.
C’est la plus belle aventure qu’il soit.

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de deux et demi…
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…à trois!

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photos: Geoff Hansen Photography

 

Cinq livres: édition couleurs et formes

Quand je vivais en Afrique, j’étais la seule prof de français de l’école internationale où j’enseignais. C’est souvent comme ça, pour les postes à l’étranger: on ne s’occupe pas trop des langues étrangères. En général, c’est un local qui est embauché, souvent sans aucune formation de prof. Le gars avant moi a démissionné au bout de 4 ou 5 semaines, n’en pouvant plus de devoir faire 6 niveaux différents et de ne pas avoir d’heure de libre pour la préparation. De plus, les élèves avaient l’habitude que l’heure de français soit tellement peu importante et mal organisée que c’était le zoo.

Je le comprends : je n’ai pas exactement vécu de jolis moments de carrière là-bas, même s’il y a eu quelques exceptions. Je ne suis pas du tout formée à la maternelle et la primaire, mais ça faisait partie de mon boulot. J’ai un peu appris sur le tas, demandant conseil à droite à gauche et me servant pas mal de livres pour enfant.

Évidemment, je n’avais pas accès aux ressources que j’aie ici, mais on avait quand même internet et une imprimante qui fonctionnait parfois (le sable du désert se met partout, tout tombe en panne très vite). J’ai fait beaucoup de trucs basiques avec mes petits élèves, notamment les couleurs et les formes. J’aurais beaucoup aimé avoir comme supports ces livres que nous avons pour le citron!

couleurs et formes

 

Mouse Paint, Ellen Stoll Walsh – 30 pages 

mouse paint
Trois souris blanches sautent dans des pots de peinture rouge, jaune, et bleue, et commencent à former de nouvelles couleurs. Ce livre permet d’apprendre quelles sont les couleurs primaires, et comment sont crées les couleurs complémentaires. Les dessins sont simples et permettent de rester focalisé sur l’apprentissage. Dur de ne pas avoir envie d’essayer ces mélanges après la lecture!

 

en anglais
en français


Sophie la girafe Colors, Dawn Sirett – 14 pages

sophie colors
Sophie et ses amies t’aident à apprendre les couleurs! À chaque double page, une question: de quelle couleur est un certain objet, derrière lequel se cache l’un des amis de Sophie. Il faut soulever le volet pour avoir la réponse. On en apprend aussi un peu plus sur les amis de la girafe à chaque fois. À la fin, il y a une double page qui récapitule les 6 couleurs présentées.

 

 

en anglais
en français


Batman Shapes, Ben Bird et Ethen Beavers – 18 pages

batmanPour les fans de Batman, mais sans la violence et le côté tragique qui va avec. L’homme chauve-souris guide les lecteurs dans quelques actions héroïques tout en présentant les formes… et même la chauve-souris qui forme son logo! Batman encourage aussi, au fil des pages, à chercher les formes qui se cachent dans le livre. À la fin, il y a un récapitulatif. Les dessins sont réalisés par un artiste qui travaille pour Marvel et DC Comics. Il n’existe pas en français mais il est simple et peut être utilisé pour apprendre du vocabulaire anglais.

en anglais


La ronde des animaux, Karine Tournade – 14 pages 

la ronde des animauxLe petit Thomas explique à sa maman qu’il a vu des animaux aux couleurs étranges. Un éléphant vert ou des girafe bleues, par exemple. Sa mère ne le croit pas, et lui répète que c’est impossible… jusqu’à ce qu’elle découvre que Thomas parle du carrousel du coin! Le livre permet aussi d’apprendre ou de renforcer les chiffres jusqu’à 5. C’est un livre non-cartonné, donc difficile à lire avec un petit de l’âge d’Oscar par exemple, car il veut que ce soit lui qui tourne les pages. Il n’existe pas en anglais.

 

en français


Le Petit Chaperon Caméléon, Brigitte Tranier – 32 pages 

chaperon caméléon
Le petit chaperon rouge en a assez de ne pas pouvoir se promener dans les bois, à cause du loup. Elle a alors l’idée d’échanger ses vêtements avec divers personnages de contes, espérant ainsi passer inaperçue. Le loup sera-t-il dupe?
Les dessins sont très jolis, mais le texte est un peu long pour un enfant en âge d’apprendre les couleurs. Le livre n’existe pas en version cartonnée. Introuvable en anglais.

 

en français