The greatest adventure

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Nous étions deux et demi, nous sommes maintenant trois.
C’était il y a un an, sur les rives du lac Champlain, par une soirée de printemps fraîche et claire. Le juge de paix est arrivé sur son vélo, tout souriant. Nous avons marché jusqu’à un banc devant la capitainerie et nous nous sommes posés là, nerveux. J’ai enlevé ma veste. Je portais une robe de grossesse noire et blanche, le Viking un costume gris. Le soleil se reflétait sur l’eau, le vent faisait virevolter quelques mèches de mes cheveux. Nous n’avions même pas encore d’alliances! Il faut plus de temps pour fabriquer deux bagues que pour organiser notre cérémonie intime.

Nous étions deux et demi, nous sommes maintenant trois.
Quinze jour auparavant, je me tournais vers le Viking. Je le regardais et lui disais « J’ai envie de me marier avec toi maintenant. Ne pas attendre, ne pas inviter qui que ce soit. » Il a pris les choses en main, réservé l’hotel, le dîner, le juge de paix. L’idée d’être en petit comité lui plaisait. Nous avons sorti nos voeux de nos poches, nous nous sommes tenus les mains. Ce soir-là, le juge a pris quelques photos puis nous avons marché le long du port, en silence, heureux comme des rois.

Nous étions deux et demi, nous sommes maintenant trois.
Et ce n’est pas le citron, grandissant en moi, qui n’allait pas manifester sa présence dès six heures du matin! Entre insomnies et fringales de grossesse, nous avons pris le petit déjeuner le plus tôt possible, dans notre chambre avec vue. Le lac au loin, le sourire aux lèvres, la main sur le ventre. Nous nous sommes promenés en ville un peu, avant de reprendre le chemin de la maison. Je me souviens de ces quelques heures de voiture béâtes, à nous lancer des regards sur un fond de musique douce, avec notre petit secret à nous deux et demi. Nous n’avons rendu notre union publique que quelques semaines plus tard.

Nous étions deux et demi, nous sommes maintenant trois.
On dira ce qu’on veut, tant qu’on a pas d’enfant on est déficient d’amour. On a une vague idée de ce que c’est, on croit même en avoir fait l’expérience, et puis … et puis, quand on passe de deux et demi à trois (ou quatre, ou cinq!), il y a une nouvelle porte qui s’ouvre en nous. À deux, on n’est qu’un Rubik’s Cube non-résolu, un Sudoku trop complexe, un meuble Ikea dont il nous manque une pièce. À trois, on a accès à un labyrinthe affectif jusqu’alors inconnu. On a des clés en rab, un coeur plus mou, des yeux plus humides. À trois, on découvre l’équivalent amoureux de la solution des mots-croisés du New York Times, et pas ceux du dimanche.

Nous étions deux et demi, nous sommes maintenant trois.
C’est la plus belle aventure qu’il soit.

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de deux et demi…
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…à trois!

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photos: Geoff Hansen Photography

 

5 commentaires sur « The greatest adventure »

      1. C’est déjà bien ! Mais c’est vrai qu’entre les photos où le bébé bave, ferme les yeux, éternue, tourne la tête ben… le tri est sévère !!!

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