Ode à mon placenta

Le jour de ma 19ème semaine de grossesse, je me suis rendue à mon hôpital pour l’échographie morphologique du citron. C’est là qu’on regarde les membres, qu’on mesure tout un tas de trucs, et qu’on peut apprendre le sexe du bébé.
Le citron s’est fait désirer une bonne quarantaine de minutes, mais il a finalement bougé pour se mettre dans la position adéquate pour la vue de la nouille: c’est un garçon!

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A la fin de cette échographie, la technicienne (ce n’est pas réalisé par un médecin ici) va chercher la sonde interne pour jeter un oeil sur le placenta. C’est peu agréable, mais heureusement ça ne dure pas très longtemps. En regardant son écran, elle a fait une petite pause. Et là, j’ai su que mon ressenti était probablement vrai: mon placenta était en bas.

Faisons un retour en arrière de plusieurs mois: tout au début de ma grossesse, en écoutant le coeur du citron, l’une de mes obstétriciennes (le système, dans mon hôpital, fonctionne par équipes de médecins car c’est un grand établissement et ça permet d’assurer un minimum de rapport harmonieux en cas de problème et le jour de l’accouchement, avec des visages familiers) m’avait dit que le placenta était devant, et qu’il lui semblait bas, rapport aux bruits un peu étouffés. J’avais alors eu l’étrange sensation qu’il resterait en bas… et que ça allait nous causer des soucis.

Après l’échographie morphologique, nous avions un rendez-vous avec quelqu’un de l’équipe: parfois c’est une sage-femme, parfois un médecin, parfois une infirmière spécialisée (une profession qui n’existe pas en France). L’infirmière commence par nous dire que tout va bien avec le citron, qu’il a tous ses doigts et ses organes, et qu’il fait la taille attendue. Mais qu’il semblerait que mon placenta soit complètement praevia.

Pour les non-initiés, j’explique:
* au moment de la conception, le placenta s’implante où il veut
* il grandit comme un ballon de baudruche
* parfois il est très près du col et finit par grandir vers le haut
* parfois il recouvre un peu du col, on a espoir qu’il grandisse vers le haut, il le fait et ne gène pas un accouchement par voie basse
* parfois il recouvre tout le col, bien au milieu, et il n’y a rien à faire pour le virer de là

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mon obstétricienne m’a fait un dessin, mais je l’ai perdu donc je vous mets ce schéma de babycenter.com 

Mon cas est le dernier: l’accouchement par voie basse est tout simplement impossible. En effet, la sortie du citron est bloquée et le placenta ne peut pas sortir avant le bébé. On va donc me programmer une césarienne.
Chacun de mes soignants, par la suite, en parlant de césarienne, prenait un air désolé. Moi ça ne me fait rien, car je n’avais pas en tête une façon particulière selon laquelle je voulais que la naissance se déroule. En plus, comme j’avais ultra-peur des douleurs et de la durée du travail, j’ai pu me débarrasser de cette anxiété! Mon plan de naissance est très simple: que le citron arrive en bonne santé, que je sorte de là en vie (ça reste une opération chirurgicale), et que je n’aie pas trop mal. Point.

Avec un placenta praevia, les risques de naissance prématurée sont accrus. Le placenta est un organe assez fragile, qui avec le poids du bébé peut commencer à saigner quand on arrive dans le milieu du 2ème trimestre. Ces saignements irritent l’utérus (qui, apparemment, est facilement irritable, ce yak!), ce qui déclenche des contractions. Or, dans le cas d’un praevia, on ne veut surtout pas que la femme ait des contractions, car on ne veut pas qu’elle entre en phase de travail parce que ça débouche sur des hémorragies massives à cause, vous l’avez compris, du placenta qui se trouve dans la porte de sortie.
C’est pour ces raisons que:
* nous sommes passés dans les mains de l’équipe des grossesses à risques, ce qui signifie des échos et rendez-vous en rab, de plus en plus rapprochés jusqu’à la fin de la grossesse
* je suis interdite de porter, soulever, pousser des trucs lourds
* je ne peux pas faire de sport ou d’activité qui sollicite les muscles abdominaux, comme par exemple passer l’aspirateur — en gros, j’ai le droit de marcher (pas vite), nager (pas de compétition), et de faire du yoga prénatal
* ma césarienne est programmée au plus tard à ma 37ème semaine de grossesse — on a pas encore décidé de la date, je vois à nouveau mon spécialiste ce mercredi
* je dois éviter au maximum de m’éloigner de mon hôpital, parce qu’au moindre saignement je suis admise pour essayer de stopper ce qui se passe — j’avais des projets de voyage, dans un rayon de 6/7 heures de voiture, que je dois annuler

Jusqu’à peu, on alitait les femmes dans mon cas, même si elles n’avaient pas encore montré de symptôme. Il me semble que c’est toujours le cas en France, d’ailleurs. Ici on ne le fait plus depuis plusieurs années parce que la recherche montre que ça n’a, en réalité, par d’incidence sur le cours des choses et que ça entraine des déprimes chez la mère. Je vais donc travailler et je continue de faire ma vie à la maison et en dehors, avec le Viking qui sollicite un peu plus ses bras musclés qu’avant :-)

Le reste de ma grossesse se passe bien. Je suis au milieu de ma 23ème semaine.
Je remange de la viande, et je peux même en avoir dans mon frigo sans que ça me dégoute!
Mon ventre grossit, je passe dans moins en moins de fringues d’avant: hier, j’ai tenté de mettre une chemise pas spécialement près du corps, mais elle ne se boutonnait plus. J’ai hâte qu’il fasse beau de façon constante, car d’ici à deux semaines je ne vais plus rentrer dans mon trench, dont les boutons sont au max! Mes pulls remontent maintenant sur le ventre, ça me donne un air ridicule et donc je privilégie les gilets longs et les t-shirts de grossesse.
Le citron bouge pas mal et aime particulièrement faire la java quand je vais me coucher. J’ai remarqué que je commence à marcher légèrement comme un canard et j’ai du mal à enfiler certaines chaussures. J’étais hier dans un magasin pour essayer une paire de ballerines: le temps que j’enlève mes bottines et mes chaussettes, on aurait dit une vieille mémé pleine d’arthrose.
J’ai perdu ma pilosité à la Chabal, c’est assez bizarre d’avoir les jambes lisses plusieurs jours d’affilés, mais peut-être que c’est un coup du ciel parce que bientôt je ne serai plus capable de les raser?

Nous avons commencé à acheter des vêtements pour le citron, et nous en avons aussi déjà reçu en cadeau. Nous avons fait certains choix en matériel de puériculture, mais en dehors d’un lit à barreau nous n’avons encore rien acheté. Il nous reste 12 à 14 semaines, ça devrait le faire! La fin de l’année scolaire est très chargée, donc je ne pense pas qu’on va se mettre sérieusement à faire sa chambre avant mi-juin, même si le Viking l’a bien rangée (on s’en servait comme débarras depuis le déménagement) et qu’il est prêt à construire le lit. Nous avons aussi choisi un prénom… mais ça, ça restera secret jusqu’à sa naissance!

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