Des mots sur du papier

J’ai toujours écrit et toujours eu envie d’écrire. Pas seulement des blogs à la noix, mais de la fiction. À six ans (ma mère m’a appris à lire et écrire avant d’entrer à l’école), je kiffais Ratus et ses amis mais j’aimais déjà inventer mes propres histoires. J’avais un petit carnet dans lequel j’écrivais une histoire intitulée « Le maigre, le gros, et les filles ». Je crois l’avoir encore, et ces énormes lettres écrites au crayon à papier me font maintenant sourire. L’histoire était évidemment un poil bateau, vu mon âge, mais le coeur y était.

À quinze ans, quand AOL a sorti le concept d’un blog, j’ai sauté dessus pour en faire la plateforme d’hébergement de mes pensées adolescentes. Un matin, une nana de leur équipe de pub m’a contactée et la page toute rose de « La vie, l’amour, et le chocolat » (ne cherchez pas, il a disparu il y a bien dix ans) est alors devenu blog exemple sur la page d’accueil d’AOL pendant quinze jours, laissant à qui le souhaitait tout le loisir de lire ce que je pensais de mes trois tantes qui trouvaient le gars du Bachelor beau et que j’en pinçais pour tel ami d’un ami qui n’en avait rien à cirer de ma personne.
{En aparté, on est tous d’accord que le mec du premier Bachelor français, il avait une tête de cheval, non?}

Malgré des sujets que je pourrais aujourd’hui qualifier de peu passionnants — mais quand on a 15 ans et une imagination débordante, tout n’est que passion; aujourd’hui encore je suis une passionnée, j’ai une personnalité qui passe d’obsession en obsession, à croire que je vis mal quand je n’ai rien sur quoi me focaliser — ces chroniques que j’écrivais me convenaient parfaitement dans leur format.
Un roman? Bien trop long pour moi, même si j’en rêve. J’aime tant en lire et prendre le temps de partager une tranche de vie avec les personnages, mais je ne suis pas dans le long terme. Le changement est la seule constante de ma vie.
Une nouvelle, alors? Certes, et puisque j’en suis l’auteur, je suis libre de ne pas en respecter les codes. Mais il y a des conditions à mes écrits. Qui écrit bien, quand tout va bien? Ma fiction nait de la douleur, de l’insatisfaction, de l’inatteignable.

Alors ce sont, je pense, des petits essais d’une page ou deux qui me vont le mieux. Ça me pousse à finir ce que j’ai commencé. Au fond, j’en suis bien consciente, ces essais sont interconnectés, alors pourquoi n’arrive-je pas à contrôler cette Aurore obsessionnelle, temporaire, qui pourrait les lier pour représenter un produit plus complet? Je me demande si ce n’est pas, finalement, ce qui est incomplet qui m’attire le plus. Ce qui laisse de la place.

J’écris souvent, sans les partager, des débuts, des fins, et même des milieux d’histoires. Toujours il y a un homme, une femme, des questions, des souffrances, des non-dits. Des trains, des avions, des voitures, des sourires et des silences. Des valises, des aéroports, des parapluies. On écrit à propos de ce qu’on connait, ce qu’on admire, ce qu’on déteste aussi. Toutes ces parties de soi. Notre vie est un puzzle auquel une pièce fait défaut, faut-il écrire pour le finir?

J’ai envie d’écrire, je ne sais pas pour qui. Sans doute pour moi, c’est là mon processus de raison.
J’ai envie de mettre des mots à plat, pour que jamais, jamais, rien ne s’arrête et que toujours, toujours, je continue de créer, de façonner, d’inventer, de rêver, de changer, de vivre cette vie qui m’est presque double, qui ressemble à la mienne mais qui n’en est rien, dans laquelle tout peut tourner en un instant. Cette vie où tout est possible, où je suis moi mais pas que, et où je rencontre d’autres, ceux qui n’existent que derrière mes paupières.

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