Cinq livres: édition mathématiques

Vous le savez peut-être, je suis une véritable handicapée des maths. Enfin, je l’ai été toute ma scolarité à partir du collège: il y a un truc qui m’a été enseigné alors que je n’étais pas prête. Mon cerveau n’a pas suivi, ce qui a causé des « trous » dans mes acquis. Le fait de compenser ces trous par des savoirs bancals et des automatismes a fatalement induit des lacunes par la suite. Je suis arrivée au bac par miracle avec une note de 10/20, sans comprendre pourquoi ni comment je faisais quoi que ce soit. Or, si on ne comprend pas le sens de ce que l’on fait, à quoi bon?

Je trouve que l’enseignement des maths est globalement mauvais: suivre le même cours au même âge pour tous les élèves, c’est une ânerie sans nom. Chaque enfant n’a pas le cerveau prêt à accueillir les maths au même moment!

En master, j’ai passé un examen de mathématiques dit « de base », pour tout prof qui prétend à vouloir enseigner dans le secondaire. Il a fallu que je révise: c’est comme ça que j’ai réalisé que je pouvais réapprendre certains concepts que mon cerveau, jadis immature aux maths, n’avait pas pu recevoir!

J’ose espérer que le citron aura de meilleures chances que moi en maths, notamment grâce à la méthode Singapore Math et autres techniques Montessori, qui se démocratisent.
Mais bref!

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Voici une sélection franco-anglaise cartonnée ou pas, sur le thème des nombres.
(je vous mets les liens que je trouve mais je ne suis pas affiliée avec qui que ce soit) 

Compte avec Petit Lapin, pas d’auteur – 8 pages 
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Petit Lapin a faim! On lui propose différents aliments, en quantités allant d’1 à 5. Les quantités sont montrées de 3 façons différentes: grâce aux chiffres écrits, par des points comme sur un dé à jouer, et aussi avec les aliments décrits dans l’histoire. Le petit lapin de la couverture est en feutrine et se détache grâce à du velcro.

en français (site de l’éditeur)
en anglais (site de l’éditeur)


Counting Cows, W. Jackson – 24 pages
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On compte à l’envers des vaches pour apprendre les nombres de 0 à 10. On est aussi en contact avec du vocabulaire animalier, puisqu’on est confronté à différents types de vaches. Les illustrations sont de style aquarelle, faites par celui qui a dessiné les vaches de la marque Ben and Jerry’s.

en anglais
(je ne le trouve pas en français)


The Very Hungry Caterpillar, E. Carle – 24 pages
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La chenille a très faim, mais elle n’arrive pas à se rassasier! Elle mange des fruits en quantités variées, allant d’1 à 5. Les fruits sont dessinés les uns à côté des autres, avec des trous dedans pour symboliser le passage de la chenille. On peut ainsi également « toucher » les quantités. Les illustrations sont magnifiques.

en anglais / en anglais avec la peluche 
en français 


Count the Birds, C. Harper et Z. Burke – 22 pages 
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Pour apprendre à compter d’1 à 10, tout en s’informant sur les oiseaux et en découvrant leurs noms. Les illustrations sont sublimes! Chaque double page présente à gauche un type d’oiseau dont la quantité correspond au nombre écrit en toutes lettres dans la phrase à droite. Les quantités sont aussi présentées en très gros chiffres en gras, avec un fort contraste visuel.

en anglais
(je ne le trouve pas en français)


One is a Snail, ten is a Crab, A. et J. Sayre – 32 pages 
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Ce chouette livre permet d’apprendre à compter d’1 à 100 en utilisant les pieds de différents animaux et de l’humain. Il inculque aussi un premier sens de l’arithmétique en démontrant le fonctionnement intuitif des additions et des multiplications. Les dessins sont rigolos! À se procurer absolument.
(il n’existe pas en version cartonnée)

en anglais
en français

Méchante

C’est l’histoire d’Aurélie.
Quand Aurélie était enfant, il y avait chez elle des violences incroyables. Des violences physiques, mais aussi des violences psychologiques. Aurélie était frappée dès qu’elle manifestait sa personnalité propre, dès qu’elle ne se comportait pas comme sa mère l’avait décidé. Un verre cassé? Des coups. Et elle était traitée de maladroite, d’incapable, elle n’était pas digne de confiance. Elle l’avait fait exprès, c’était certain.
Un contrôle auquel elle n’avait pas obtenu 10/10? Aurélie était humiliée: elle n’allait jamais rien faire sa vie, elle serait « bête », les autres allaient « la dépasser » et « être meilleurs ». Mais la dépasser en quoi?

La mère d’Aurélie ne supportait pas l’idée que celle-ci ait des amies filles. Elle la forçait à lui dire que c’était elle, sa meilleure amie. Elle intervenait toujours dans les querelles d’enfant, rabaissant non seulement les amies d’Aurélie mais aussi Aurélie elle-même: elle n’avait pas le droit d’être une personne à part entière et surtout pas d’être capable de quoi que ce soit seule. Sa mère régissait sa vie et Aurélie se devait d’agir comme elle l’avait décidé. Elle devait réussir parce que sa mère l’avait décidé, et parce que sa mère l’y avait aidé. Sa mère répétait « je suis mère au foyer parce que sinon, sans moi, vous seriez nuls à l’école ». Aurélie était un pantin à qui on avait ôté toute possibilité d’avoir de la confiance en elle.

Aurélie devait être un modèle de perfection scolaire. Chaque soir, sa mère l’asseyait et exigeait de connaitre les notes de ses amies. Aurélie se faisait houspiller si elle n’avait pas obtenu la meilleure note de sa classe, et surtout si sa meilleure amie Aude avait obtenu un score supérieur. S’en suivait un long cours magistral sur la façon dont elle allait « sévir » et « serrer la vis », afin que ça ne se reproduise plus. Aurélie devait apprendre ses leçons devant sa mère et les réciter encore et encore. Elle avait tellement bien imprimé cette façon de faire que, plus tard, elle était incapable de se dire qu’elle savait quelque chose si elle ne l’avait pas prouvé dix ou vingt fois. Elle était souvent incapable de se dire qu’elle savait ou savait faire quoi que ce soit, d’ailleurs.
Aurélie avait appris à mentir. Un enfant qui ment, c’est un enfant qui a peur de ses parents. Elle inventait à Aude des notes plus basses, elle égalisait le tout. Ça lui évitait d’entendre encore « je vais t’en coller une » et « vous n’avez pas assez de fessées ».

Dès lors qu’Aurélie ne donnait pas satisfaction à sa mère, elle était appelée « méchante ».
Méchante, égoïste, égocentrique. Tellement méchante. Pendant presque trente ans, elle a été cette « méchante ».

Aurélie et son petit frère ont trois ans d’écart.
Dès qu’ils faisaient un peu trop de bruit en jouant, dès qu’ils se querellaient comme toute fratrie le fait, ils étaient frappés. Mais c’était de leur faute, disait leur mère, « vous m’avez encore poussée à bout ». La mère d’Aurélie les poursuivaient dans l’appartement. Parfois, elle frappait avec sa main, mais d’autres fois elle utilisait une cuillère en bois de cuisine. « J’ai trop mal à la main, sinon », disait-elle. Elle ne frappait jamais au visage, mais plutôt aux fesses. Elle les attrapait par les bras pour les secouer.
Aurélie se souvient encore de courir pour se réfugier quelque part, ses bras protégeant ce qu’elle pouvait — étonnamment, sa tête, bien qu’elle savait qu’elle n’allait pas y recevoir de coup. Peut-être pour ne pas voir le visage de sa mère, en rage, rouge et hurlant.
Aurélie se souvient avoir tellement supplié « non, pas la cuillère en bois », tout en se pliant en quatre pour éviter les coups. Arrachée au coin de sa chambre par sa mère, trainée par le bras, tournée afin de montrer ces fesses que sa mère frappait, elle se souvient pleurer et encore pleurer.
« Arrête de pleurer où je t’en redonne une », « je vais t’en coller une si forte que le mur va t’en redonner une autre », « si tu pleures, je te frappe plus fort, pour que tu aies une vraie raison de pleurer », « oh arrête tes simagrées, ça ne t’a pas fait mal! », « tu n’es pas belle quand tu pleures », « il n’y a que comme ça que vous comprenez », « vous êtes si méchants », « ah, qu’est-ce que vous êtes chiants, vous méritez les coups ».

Le frère d’Aurélie, lui, riait lorsque la cuillère en bois venait s’écraser contre son derrière. Leur mère, pensant ainsi qu’il ne la prenait pas au sérieux, frappait plus fort. Ce n’est pas qu’il ne ressentait pas les coups ou qu’il n’avait pas mal: il se protégeait psychologiquement en régissant ainsi. Comment pouvait-il continuer à vivre normalement s’il s’avouait que sa mère était violente envers lui? Il était préférable qu’il se convainque qu’il n’avait pas mal, qu’il ne ressentait rien. Aujourd’hui adulte, le frère d’Aurélie souffre d’addiction. Une façon d’échapper aux blessures d’enfance.

Jusqu’à l’âge adulte, la mère d’Aurélie a usé de violences physiques envers elle. La dernière fois qu’elle a levé la main sur Aurélie, cette dernière avait 24 ans. Aurélie est parvenue à l’arrêter, cette-fois là. Mais les violences psychologiques ont continué, jusqu’à ce qu’Aurélie décide de rompre avec ses parents.

*****

Aurélie, c’est moi, vous l’avez compris.
J’ai d’abord pensé que raconter tout ceci à la troisième personne serait plus facile, mais il n’en est rien. Au contraire, ça enlève une part d’authenticité à mon vécu. Non, ça ne me protège pas. Me protéger de quoi? Le passé n’est pas modifiable.
Franchir le cap d’en parler, c’est passer outre la honte. Pourquoi devrais-je avoir honte d’avoir été victime de violences? Et pourtant, j’ai longtemps ressenti cette culpabilité.

Raconter. C’est affirmer et accepter ce qu’il s’est passé, afin de pouvoir commencer un chemin de guérison. Continuer à vivre avec ce passé, apprendre de lui. C’est dire enfin que oui, c’est mon histoire et non, ce n’était pas de ma faute. C’est montrer qu’il est possible de sortir de ce schéma, qu’on peut se construire malgré la violence.
Pour que d’autres victimes franchissent ce cap et se libèrent. Pour mon fils, qui mérite mieux qu’une mère qui porte en elle les cicatrices de son passé.

 

Ceci est le début de plusieurs récits qui se situent autour de la guérison après avoir grandi dans la violence. Je pourrais narrer ici tout d’un coup; ce serait très long et très lourd, c’est pourquoi j’ai choisi de découper mon histoire.
Pour les articles protégés par mot de passe, il vous suffit de m’envoyer un email ou de laisser un commentaire quelque part. 

Cinq livres: édition hiver

Dans cette famille, on adore la lecture. On est jamais sans bouquin au risque de se trouver mal. Chacun a souvent plusieurs livres en cours (depuis que je suis maman, je réserve les ouvrages informatifs et éducatifs au jour; j’ai du pâté dans la tête passé 22h donc je garde mon roman pour le soir). Le Viking et moi aimons également lire ensemble; c’est comme ça que nous avons lu « Harry Potter and the Cursed Child » par exemple. Nous lisons au citron chaque jour dans les deux langues.
Bon je vous rassure, on a aussi Netflix et on se marre comme des débiles devant les dvd de Modern Family qu’on emprunte à la bibliothèque ;-)

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Le citron adore lire! Quand on le prend sur nos genoux avec un livre, il devient très enthousiaste et bat des mains et des pieds! Il a d’ailleurs une bibliothèque assez impressionnante pour ses 5 mois: j’ai compté 68 livres + 5 ouvrages de chansons de Noël et de comptines classiques françaises.

Voici une sélection franco-anglaise cartonnée, sur le thème de l’hiver:
(je vous mets les liens amazon mais je ne suis pas affiliée, c’est juste que c’est pratique et l’envoi est souvent gratuit) 

One Christmas Night, M.C. Butler et T. Macnaughton – 12 pages
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Le petit hérisson décore sa maison et s’apprête à célébrer Noël, mais il se rend compte qu’il a oublié les cadeaux…  Ni Père Noël ni religion dans ce livre. Les dessins sont magnifiques; et la page de couverture de la version anglaise est en relief.
en français      en anglais


Peppa fait un bonhomme de neige, Astley et Baker – 16 pages

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Peppa et son frère font un bonhomme de neige qu’ils habillent avec les affaires de leur papa… qui n’a plus rien pour combattre le froid!
Les illustrations sont basiques mais très colorées et contrastées, idéales pour des 0-1 an.
en français     en anglais


Sally in the snow, S. Huneck, – 19 pages
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Sally est en vacances aux sports d’hiver. Là-bas elle retrouve des amis canins avec qui elle skie et joue dans la neige.
Les illustrations sont superbes, le texte est en gros caractères noirs faciles à lire. Je ne le trouve pas en français, dommage.
en anglais


The Mitten, J. Brett – 32 pages
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Nicki perd l’une des moufles que sa Baba a tricoté. Par chance, elle sert de refuge à de nombreux animaux qui ont froid en cette saison!
Adapté d’un conte ukrainien, les dessins sont de style « ancien ».
en français (visiblement une version de collection)    en anglais
en français, dans une autre adaptation


Saint Nicolas, soulève les volets, pas d’auteur – 20 pages
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Sympa si vous venez d’une région qui fête Saint Nicolas (Alsace, Lorraine) pour une première rencontre avec le personnage et pour apprendre des mots, mais il n’y a pas d’histoire. Attention les volets sont très fragiles, j’en ai cassé un.
Je ne le trouve pas sur amazon, voici la page de l’éditeur.

(les 5 livres présentés sont des cadeaux)